8 morts et 19 blessés dans un attentat kamikaze à Boumerdès

8 morts et 19 blessés dans un attentat kamikaze à Boumerdès

Nuit sanglante à Zemmouri

El Watan, 11 août 2008

Un attentat kamikaze à la voiture piégée a été perpétré dans la nuit de samedi à dimanche à 21h45, contre la caserne des gardes-côtes et le poste de surveillance de la Gendarmerie nationale de la plage de Zemmouri El Bahri, située à une dizaine de kilomètres à l’est de Boumerdès. Le bilan officiel fait état de 8 morts, tous des civils âgés de moins de 25 ans, et 19 blessés dont 3 gendarmes. Deux victimes (un coiffeur et son ami) sont originaires de Jijel et deux de Lakhdaria, tandis que les autres sont natifs de Zemmouri. Selon les témoignages recueillis sur les lieux du drame, l’attaque a été menée par un kamikaze qui conduisait une voiture de type Toyota Hilux qui visait le poste de commandement de la gendarmerie et la caserne des gardes-côtes de cette station balnéaire. Ce dernier, qui a bourré son véhicule de 300 kg d’explosifs, aurait raté sa cible.

Selon certaines informations, les gendarmes qui assuraient le gardiennage du site avaient tiré sur le kamikaze avant qu’il n’actionne sa charge explosive. Mais quelques témoins confirment n’avoir entendu aucun bruit avant l’explosion de la bombe, dont la déflagration a été entendue même par les habitants de la ville de Boumerdès. A notre arrivée sur les lieux, les services de la voirie s’affairaient à déblayer les décombres générés par l’attaque. Le décor qui s’offre à la vue est apocalyptique. Le quartier offre l’image d’une cité ravagée par un cyclone. Les bâtisses de la périphérie ont été sérieusement touchées ; la plupart d’entre elles étaient inhabitées, ce qui a permis d’éviter le pire, nous dira un habitant.

Tout ce qui entoure le siège des gardes-côtes et de la gendarmerie a subi d’importants dégâts. Le siège de l’Office national de l’assainissement (ONA) a été complètement soufflé par l’explosion. Juste après, les services de la gendarmerie qui ont tiré en l’air pour disperser la foule ont atteint un civil sortant de sa maison. « Nous avons voulu apporter de l’aide aux services de sécurité mais les gendarmes, par panique, ont refusé et tiré dans notre direction. Les secours ont mis beaucoup de temps à intervenir. Ce sont les habitants qui ont ramassé les victimes déchiquetées », nous dira un citoyen encore sous le choc. A signaler que pour empêcher l’arrivée des secours, les terroristes ont dressé un faux barrage au lieudit Figuier, une cité sise à 2 km à l’est de Zemmouri. Là, les terroristes ont mitraillé les ambulances qui se dirigeaient vers le lieu de l’attentat. Les habitants de cette cité confirment avoir entendu des rafales qui auraient duré plus de 20 minutes

Par R. K.


 

Zerhouni : « C’est une réaction au coup dur de Béni Douala »

Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales qui s’était rendu hier sur les lieux de l’attentat à Zemmouri, a considéré cette nouvelle attaque terroriste comme une réaction à l’élimination de 12 éléments du GSPC à Béni Douala dans le but « de relever leur moral ».

« L’attentat à la voiture piégée perpétré à Zemmouri peut être interprété comme une réaction des groupes terroristes après l’opération menée contre eux récemment par l’armée et les forces de sécurité à Béni Douala », souligne Noureddine Yazid Zerhouni en qualifiant l’opération de Béni Douala de coup dur asséné au groupe terroriste de la région.

Tout en rappelant que l’opération de Béni Douala s’est soldée par l’élimination de certains responsables du GSPC, Zerhouni a noté que des documents dont des cartes d’identité et d’assurance, ainsi que des photos, ont été découverts sur les lieux, confirmant, entre autres indications, l’identité de l’auteur de l’attentat contre le célibatorium de police de Tizi Ouzou. Accompagné du commandant de la Gendarmerie nationale, le général major Ahmed Boustila, ainsi que du directeur général de la Sûreté nationale, Ali Tounsi, le ministre de l’intérieur a présenté ses condoléances aux familles des 8 victimes de l’attentat qui avait visé un poste des gardes-côtes et de la Gendarmerie nationale. Zerhouni rassura, en outre, sur la prise en charge immédiate par l’Etat de toutes les personnes touchées par cet attentat. La délégation officielle s’est ensuite rendue au chevet des 9 blessés demeurant hospitalisés.

Par N. B.