Touristes disparus dans le Sud algérien: Black-out total sur l’affaire

Touristes disparus dans le Sud algérien

Black-out total sur l’affaire


Par Nabila K., Le Jeune Indépendant, 14 juillet 2003

L’affaire des 15 touristes étrangers qui sont entre les mains d’un groupe terroriste du GSPC, affilié à El-Qaïda d’Oussama Ben Laden, depuis le mois de février, est loin de connaître son épilogue. Selon une source parlementaire, les responsables dépêchés par les pays dont sont originaires les 15 otages auraient décidé de quitter le sol algérien après plusieurs tentatives pour leur libération. Notre source ajoute que «les autorités algériennes préfèrent attendre le moment opportun pour clore définitivement ce dossier», sans pour autant donner d’éclaircissements. Les conditions climatiques, notamment la canicule constitue un facteur bloquant dans la gestion de cette affaire, selon notre source. Dans le but de recueillir de plus amples informations, et compte tenu de la présence au sein du groupe d’otages des ressortissants allemands, nous nous sommes rapprochés de l’ambassade d’Allemagne à Alger. «Je vous invite à prendre contact avec notre ministère des Affaires étrangères à Berlin qui est seul habilité à répondre à vos questions», nous a déclaré, hier, le chargé de la communication de l’ambassade. Contacté, hier, le ministère de la Défense nationale, par la voix de son directeur de la communication, a préféré répondre par un «no comment». La même réponse nous a été donnée par le ministère de l’Intérieur, dont le premier responsable, M. Yazid Zerhouni, avait pourtant reconnu que les autorités algériennes avaient mal géré le dossier, sur le plan de la communication, au tout début de l’affaire.

Le président de la République avait assuré les pays concernés, à savoir l’Allemagne, la Suisse et la Hollande d’une issue heureuse concernant ces 15 otages. Il avait déclaré, à Vienne en juin dernier, que les touristes disparus étaient toujours vivants et qu’il était «prêt à mettre de côté les considérations de souveraineté nationale pour préserver les vies humaines». Au cours d’une conférence conjointe avec le président fédéral autrichien, le Dr Thomas Klestil, M. Bouteflika a déclaré pour la première fois depuis le début de cette affaire que les otages étaient entre les mains d’un groupe terroriste affilié à El-Qaïda d’Oussama Ben Laden. Le chef de l’Etat est allé plus loin en déclarant qu’il était prêt à permettre aux terroristes du GSPC de sortir du pays s’ils décidaient de libérer les 15 otages. Ceux-ci auraient été divisés en groupes par les ravisseurs dans la région montagneuse de Tamelrik, à 100 km au nord d’Illizi. N. K.