Belkhadem: «Nous ne négocions avec personne»

ABDELAZIZ BELKHADEM A INFIRME LES EVENTUELLES NEGOCIATIONS SUR ABDEREZAK EL-PARA

«Nous ne négocions avec personne»

Le Quotidien d’Oran, 20 juillet 2004

Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères a affirmé, hier, que «l’Algérie ne négocie avec personne» pour l’extradition du numéro deux du GSPC, Amari Saifi, dit Abderrezak El-Para, détenu par le mouvement rebelle MDJT, dans le Tibesti tchadien.

«Nous ne négocions avec personne mais nous ferons tout pour qu’il soit extradé vers l’Algérie et jugé», a souligné Abdelaziz Belkhadem, en marge de la séance de clôture de la session de printemps du Conseil de la Nation. Interrogé sur les efforts algériens pour la récupération du numéro deux du GSPC et les tractations éventuelles avec les autorités tchadiennes ou les responsables du MDJT, le ministre s’est refusé à tout commentaire, hormis le fait que l’Algérie intervient dans le cadre de la légalité internationale en faisant valoir ses droits auprès des instances habilitées. «Nous travaillons en étroite collaboration avec les instances internationales et onusiennes concernées par la lutte antiterroriste pour que ce terroriste soit extradé vers l’Algérie sans pour autant négocier avec les Etats ou les organisations. C’est un terroriste et il doit être jugé», a ajouté le MAE.

Interrogé, le chef du gouvernement a souligné que ce dossier est «traité» par les autorités. «Nous ferons tout pour juger Abderezak El-Para en Algérie», a indiqué Ahmed Ouyahia, ajoutant que «l’Algérie est en train de faire tout son possible pour son extradition».

La sortie du chef de la diplomatie algérienne intervient 48 heures après que le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur n’ait fait état de «discussions» pour l’extradition et le jugement du numéro deux du GSPC.

Il n’a pas, pour autant, précisé les parties concernées par les tractations. Les déclarations de Nourredine Yazid Zerhouni avaient provoqué, d’autre part, une réponse immédiate du mouvement tchadien. Ses responsables ont réaffirmé, dimanche, à partir de Libreville qu’ils étaient «disposés à remettre le prisonnier, sans conditions, à l’Algérie».

Les autorités algériennes veulent, certes, récupérer Abderezak El-Para pour qu’il réponde de ses crimes mais sans pour autant gêner N’Djaména et le gouvernement d’Idriss Deby, en menant des tractations directes avec le MDJT. D’où l’affirmation du MAE concernant les instances internationales et onusiennes sachant que les différentes parties concernées, à commencer par les Américains, ont souhaité son extradition en priorité vers l’Algérie.

Dans un autre registre, la crise de la Kabylie. Le chef du gouvernement a indiqué qu’il n’y a pas de «perturbations» dans le dialogue entre le gouvernement et le mouvement citoyen puisque pour l’instant il n’y a pas de discussions. «Les délégués sont en concertation à leur niveau. Le dialogue est entre eux pour l’instant. Dès qu’ils auront pris une décision, ils nous la feront savoir», a précisé Ahmed Ouyahia.

Voir:

Touristes enlevés dans le Sahara et les dessous de l’affaire (act. 19.07.04)