Merouane Azzi disculpe Jund Al Khalifah

Enlèvement et décapitation d’Hervé Gourdel

Merouane Azzi disculpe Jund Al Khalifah

Le président de la cellule d’assistance judiciaire pour l’application des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, Merouane Azzi, doute que ce soit Jund Al Khalifah, prétendant une allégeance à l’EIIL, qui ait enlevé et décapité le ressortissant français Hervé Gourdel. «Il s’agit d’un complot qui vise à impliquer l’Algérie dans des agendas politiques étrangers», a-t-il soutenu, hier, au forum du journal El Moudjahid.

Sofiane Aït Iflis – Alger (Le Soir), Le Soir d’Algérie, 30 septembre 2014

S’exprimant à l’occasion du 9e anniversaire du référendum populaire sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, Merouane Azzi a choisi, évoquant l’enlèvement et l’assassinat d’Hervé Gourdel, d’aller à contre-courant de la thèse officiellement admise.
Certes, il a précisé qu’il ne parlait pas au nom du gouvernement, il reste néanmoins que sa déclaration est troublante.
«Le mouvement Daesh est fictif. C’est tout de même bizarre qu’un ressortissant français entre en Algérie et se fasse enlever par un mouvement qui, 48 heures auparavant, a annoncé son allégeance à Daesh.
L’enlèvement et l’exécution du ressortissant participent d’un complot qui vise à impliquer l’Algérie dans des agendas étrangers», a-t-il affirmé, accusant implicitement la France d’en être l’instigatrice. «L’otage a été tué une heure après son enlèvement», a-t-il indiqué encore. Président de la cellule d’assistance judiciaire pour l’application des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, Merouane Azzi présente le profil de quelqu’un qui ne pouvait qu’être informé des questions sécuritaires.
Il reste juste à savoir si son doute sur la responsabilité de Jund Al Khalifah dans l’exécution d’Hervé Gourdel est nourri par une conviction personnelle ou alors découle d’une information à laquelle il aurait accédé.
En tout cas, il est suffisamment informé pour révéler la venue prochaine à Alger du juge antiterroriste Marc Trévidic pour poursuivre son enquête dans l’affaire de l’assassinat des moines de Tibhirine.
«Le juge français est attendu à Alger dans les prochains jours», a-t-il affirmé, en effet. Ce qui suppose que les autorités algériennes auraient enfin donné leur quitus au juge français qui, faute d’autorisation, avait dû renoncer à un précédent déplacement dans notre pays.

Bouteflika a usé l’article 47 de la charte

Le président de la cellule d’assistance judiciaire pour l’application des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale a avoué que Bouteflika a usé plus d’une fois de l’article 47 de la Charte pour la paix. «En 2008, il a pris la décision d’élargir les indemnités à l’ensemble des familles des terroristes indistinctement de leurs revenus.
Il a également pris la décision d’intégrer les années de licenciement des travailleurs pour motif de terrorisme dans le calcul de la retraite.»
Cela dit, Merouane Azzi a exposé, hier encore, sa statistique s’agissant de l’application de la charte.
Il a affirmé que la loi sur la Concorde civile de 1999 a bénéficié à 6 000 terroristes de l’AIS et que la Charte pour la paix a bénéficié à 9 000 terroristes. Ce qui donne un total de 15 000 repentis.
Selon lui, les familles des personnes recensées s’élèvent à 7 144, dont 7 100 ont vu leurs dossiers traités et 44 sont encore à l’étude. Meroune Azzi a parlé de 17 000 terroristes abattus et 11 220 parmi eux ont vu leurs familles indemnisées.
Il a ajouté encore qu’entre mars 2006 et mars 2007, 4 300 personnes ayant fait l’objet de licenciement pour faits de terrorisme ont été régularisées (indemnisation et réintégration).
S. A. I.