Un attentat kamikaze frappe Ouargla

4 mois après l’attaque contre la gendarmerie de Tamanrasset

Un attentat kamikaze frappe Ouargla

El Watan, 30 juin 2012

L’attaque a coûté la vie à un lieutenant et à l’auteur de l’attentat tandis que trois gendarmes ont été grièvement blessés et évacués
vers l’hôpital militaire de Ouargla, selon le bilan provisoire du commandement régional de la Gendarmerie nationale.

Une voiture piégée a explosé vers 4h40 devant le siège du commandement régional de la Gendarmerie nationale (GN) de la 4e Région militaire basé à Ouargla. L’attentat a coûté la vie à un lieutenant et à l’auteur de l’attaque tandis que trois gendarmes ont été grièvement blessés et évacués à l’hôpital militaire de Ouargla, selon le bilan provisoire du commandement régional de la Gendarmerie nationale. Outre le kamikaze mort sur le coup, le militaire décédé sur les lieux semble avoir été surpris par l’effondrement du mur de la niche de surveillance située à l’entrée de la caserne, les autres victimes de l’attentat ont été transférées à l’hôpital pour y subir des soins d’urgence, selon nos sources.

Tirs de sommation et… explosion

C’est vers 4h40, peu après la prière du sobh, qu’un terroriste à bord d’un véhicule Toyota 4×4 de type Hilux a foncé sur l’entrée principale du siège du commandement de la GN situé sur l’avenue El Qods. Le grand portail a donc été franchi par le kamikaze qui a refusé d’obtempérer aux sommations des gendarmes. D’où les coups de rafales qui ont précédé l’explosion de quelques minutes au niveau du poste de garde. C’est alors qu’une très forte déflagration a déchiré le ciel ouargli et les habitants ont entendu le bruit de l’explosion à des kilomètres à la ronde. L’attentat-suicide a pratiquement détruit la façade du siège de la Gendarmerie nationale situé à la jonction de plusieurs quartiers résidentiels de la ville, dans une allée très paisible occupée partiellement par le Département du renseignement et de la sécurité (DRS) et la plus grande cité militaire de la wilaya de Ouargla. Il s’agit d’une zone à forte concentration militaire avec plusieurs casernes et une kyrielle de cités résidentielles militaires nouvellement rénovées.

L’attentat a causé d’énormes dégâts matériels, ce qui dénote de la férocité de cet acte qui ciblait le centre névralgique militaire de la ville, puisque le siège de la 4e Région militaire se situe lui à 6 km, dans la commune de Aïn Beïda. Une enquête a été ouverte par la police scientifique et les enquêteurs de l’INCC de Bouchaoui pour identifier l’auteur de l’attentat, mort sur les lieux, l’origine et la nature de la charge explosive. La ville de Ouargla est quadrillée depuis hier par les forces de sécurité, notamment aux environs du lieu de l’attentat et la scène du crime totalement bouclée par la gendarmerie dans le cadre de cette enquête, ont ajouté nos sources. L’attentat de Ouargla rappelle étrangement celui perpétré le 4 mars dernier contre la brigade de Gendarmerie nationale située en plein centre-ville de Tamanrasset.

A signaler que le commandant de la Gendarmerie nationale, le général-major Ahmed Bousteila, s’est rendu hier à Ouargla. Accompagné du chef de la 4e Région militaire et d’un staff supérieur de la Gendarmerie nationale, il s’est rendu au chevet des blessés en observation médicale à l’hôpital de militaire de Ouargla, où il s’est enquis de leur état de santé. Le général-major Bousteila s’est également rendu au siège régional du groupement de la Gendarmerie nationale pour constater de visu les dégâts matériels occasionnés par l’attentat terroriste. Il a ensuite présidé une réunion à huis clos avec les cadres de la Gendarmerie nationale, au siège du commandement régional.

Houria Hadji et Mohamed Ali Algmi