Affaire Kamel Toufouti (Constantine) : Protestation à Hamma Bouziane

Affaire Kamel Toufouti (Constantine) : Protestation à Hamma Bouziane

El Watan, 13 juin 2011

Les habitants de Haï S’dari, dans la commune de Hamma Bouziane, située à 10 km au nord de Constantine, ont fermé, hier à 17h, le boulevard de l’ALN avec des pneus enflammés et de grosses pierres pour protester contre le verdict de la chambre pénale de la cour de Constantine prononcé dans la matinée, suite au procès en appel des sept policiers impliqués dans l’affaire de Kamel Toufouti.

Ce dernier est décédé, pour rappel, dans les locaux du commissariat central à la mi-décembre de l’année écoulée, dans des conditions non encore élucidées par l’enquête. Les services de la sûreté ont conclu à l’époque au suicide de la victime, alors que les sept policiers ont été sanctionnés administrativement. Après une semaine de délibération, le président de la chambre pénale a condamné le commissaire responsable de la permanence au moment des faits à une année de prison, dont six mois avec sursis, alors qu’un second officier a écopé de quatre mois. Les cinq autres policiers ont été acquittés. Il y a deux mois, jour pour jour, le tribunal de première instance de Chelghoum Laïd avait condamné le premier prévenu à deux ans de prison ferme au même titre qu’un second commissaire et un officier, alors qu’un autre officier a écopé d’un an de prison.

Deux AOP s’en sont sortis avec une peine de six mois d’incarcération chacun, alors qu’un troisième agent a été acquitté. Les prévenus ont été poursuivis pour négligence ayant entraîné mort d’homme. Après le verdict d’hier, tous les prévenus seront automatiquement relaxés. Une sentence qui n’a pas été acceptée par la famille de Kamel Toufouti. «Nous sommes décidés à saisir les plus hautes instances judiciaires du pays pour exiger l’ouverture d’une enquête impartiale sur les circonstances du décès de Kamel, car nous refusons toujours la thèse du suicide, et puis pourquoi on n’a pas procédé à la reconstitution des faits ? Et l’on nous refuse notre demande d’une deuxième autopsie, sauf si on veut occulter la vérité», s’est interrogé un membre de la famille de la victime qui compte engager un pourvoi en cassation auprès de la Cour suprême.

Arslan Selmane