Peine capitale pour l’auteur de “la Sale Guerre”

SON PROCES A EU LIEU HIER A BOUIRA

Peine capitale pour l’auteur de “la Sale Guerre”

Le Soir d’Algérie, 23 janvier 2006

La cour de Bouira a condamné, hier, à la peine capitale par contumace l’auteur du livre la Sale Guerre édité en France en 2000. En effet, Habib Souaïdia, qui était lieutenant dans les rangs de l’Armée nationale populaire dans les années 1990 et qui exerçait à Lakhdaria, vient d’être jugé lors de la session criminelle de la cour de Bouira pour deux affaires dont l’une portant kidnapping de trois personnes, Medjahed Rachid, Allouache Ahmed et Allouache Mohamed, tous habitant Lakhdaria, et l’autre portant sur leur assassinat.
L’affaire remonte au 22 juillet 1994, lorsque le lieutenant Habib Souaïdia se présenta au domicile Allouache en tenue militaire et à bord d’un camion militaire sans que personne parmi ses supérieurs soit au courant. Il kidnappera le père et le fils, Ahmed et Mohamed Allouache ainsi que Medjahed Rachid. Le lendemain, et suite au dépôt de plainte de la famille Allouache, des recherches ont été entamées mais les trois personnes kidnappées et conduites vers une destination inconnue ne seront jamais retrouvées. Entre-temps, le lieutenant Habib Souaïdia, né le 16 août 1969 à Tébessa, commit d’autres dépassements entre autres, le vol de pièces détachées, ce qui lui a valu d’être traduit au niveau du tribunal militaire de Blida et condamné à deux ans de prison avec radiation à vie du corps de l’armée. Après sa sortie de prison en 1999, il partit en France où il s’établit et moins de deux ans plus tard, il publiera le fameux livre la Sale Guerre, le livre qui avait suscité beaucoup de polémiques sur la nature des exactions commises par les islamistes en Algérie et qui sont remises en cause dans le livre pour être imputées à l’armée. Dans la foulée de la publication de ce livre, des reportages sont réalisés à Lakhdaria par TF1, ainsi que des interviews sont quotidiennement données par l’auteur du livre, mais d’une manière tout à fait gauche que tout le monde a fini par s’apercevoir que le livre n’est qu’une suite de mensonges et de contre-vérités, surtout après avoir découvert son passé de voyou et, plus tard, d’assassin. Ainsi, lors du tournage du reportage à Lakhdaria, la fille des Allouache à laquelle les journalistes ont rendu visite, remarqua la photo de Habib Souaïdia sur le livre qu’il venait de publier. Elle le reconnut comme étant l’auteur du kidnapping de son père et son frère, et elle informa immédiatement la police. Après la diffusion de l’émission sur TF1, plusieurs autres personnes ayant été victimes des exactions du lieutenant Souaïdia à Lakhdaria sans que l’armée soit au courant se sont manifestées, et elles ont toutes porté plainte contre lui. Suite à quoi, le dossier ouvert en 1994 sur le kidnapping et la disparition des deux Allouache et de Medjahed et qui a été fermé pour manque d’éléments d’informations, fut rouvert et c’est sur la base de l’instruction de ce dossier que l’affaire a été jugée par la cour de Bouira. Hier, au niveau de la cour de Bouira, plusieurs témoins de ces exactions étaient appelés à la barre mais personne n’était présent. Après les plaidoiries, le prévenu, Habib Souaïdia, fut condamné sur la base du dossier d’instruction où tous les témoignages sont consignés à la peine capitale par contumace.