Second renvoi dans l’affaire de la mutinerie de Serkadji

Affaire de la mutinerie de Serkadji

Second renvoi

par Ahmed Zakaria , Le Jeune Indépendant, 8 juillet 2004

Le pouvoir en cassation de la tragique affaire de la mutinerie de la prison de Serkadji a été renvoyé de nouveau par le président du tribunal criminel de Sidi-M’hamed au 15 juillet prochain. L’état de santé du magistrat en charge de l’affaire serait la principale raison qui a conduit le tribunal à décider son ajournement, nous ont affirmé les avocats du principal accusé, M. Mebarki.

Ils ont conffirmé l’information en indiquant qu’»il n’est pas à écarter de voir l’affaire renvoyée pour l’année judiciaire 2004/2005». Maître Hassiba Boumerdaci, qui a exprimé son inquiétude suite à ce renvoi, le second en une semaine, a indiqué qu’il serait préférable de désigner un autre magistrat pour cette affaire où son client, condamné à perpétuité, demeure le seul à comparaître […], 40 autres ayant été relaxés mais sont convoqués comme témoins» a-t-elle conclu.

L’état de santé de ce magistrat constitue un véritable casse-tête puisqu’il est le mieux instruit des détails de ce dossier. Et c’est justement sur la base d’un détail que la Cour suprême a accepté le pourvoi en cassation introduit par la défense, nous a affirmé l’avocate de Mebarki.

Le motif de ce renvoi concerne l’arme du crime essentiellement. Selon les informations fournies par maître Boumerdaci, son client «a été condamné pour complicité dans le meurtre de quatre gardiens de prison. Il lui est reproché d’avoir introduit un pistolet dans l’enceinte de la prison alors que les gardiens avaient été tués à l’arme blanche et non par balles» Pour rappel, l’affaire de la mutinerie de Serkadji, qui a coûté la vie à une centaine de prisonniers et de gardiens, remonte à la nuit de 21 au 22 février 1995.

Deux longs procès, l’un en 1998 et l’autre en 2001, n’ont pas été suffisants pour clore définitivement ce dossier. Le pourvoi en cassation a été introduit en mars 2001 par la défense du principal accusé. Ce dernier a, pour rappel, été condamné en première instance à la peine capitale.

Il écopera, en appel, de la prison à perpétuité. Ce gardien de prison de 35 ans reste actuellement le seul à comparaître. Lors du précédent procès, 38 accusés avaient comparu devant le juge. Neuf condamnés à la peine capitale purgent actuellement une peine de prison à vie, alors que les trente autres ont été relaxés.

Selon les enquêteurs, la mutinerie a éclaté «suite à une tentative d’évasion qui a tourné au drame». Elle n’a connu son épilogue que 36 heures après. Des négociations et des âpres tractations avaient abouti à l’arrêt de l’insurrection, mais au prix fort d’une centaine de morts.

A. Z.