Le procès des cadres de l’ONEC reporté

LE PROCÈS DES CADRES DE L’ONEC REPORTÉ

Il se tiendra en audience spéciale

Le Soir d’Algérie, 11 octobre 2016

Attendu pour hier, le procès de l’affaire des cadres de l’Onec (Office national des examens et concours), poursuivis dans le scandale de la fuite des sujets du bac de juin dernier, est reporté pour le 27 du mois en cours.
Abder Bettache – Alger (Le Soir) – La décision a été prise par la présidente du tribunal correctionnel de Sidi M’hamed après accord avec la défense. La juge a, par ailleurs, refusé la demande de la liberté provisoire introduite par les avocats des mis en cause. Un refus exprimé aussitôt l’accusation s’étant opposée à la demande de la défense. Ce premier report du procès a été justifié par l’absence de certaines personnes à l’audience de ce lundi. Au nombre de quatre personnes, les mis en cause, actuellement en détention provisoire, ont difficilement gardé leur émotion lors de leur apparition dans la salle d’audience. Cette dernière s’est avérée exiguë pour contenir l’assistance venue nombreuse. C’est d’ailleurs, l’une des raisons qui a contraint la présidente du tribunal à renvoyer le procès pour le programmer en audience spéciale. Il est à rappeler que les mis en cause sont défendus par une quinzaine d’avocats. Ces derniers se sont d’ailleurs déclarés optimistes quant à l’issue du procès. L’avocat de Nadjib Yaïche, inspecteur de l’éducation nationale, avait soutenu il y a un mois qu’«il n’y a aucune preuve matérielle qui établit l’implication des cadres de l’Onec et que ces cadres n’ont pas le mobile pour commettre un tel forfait». Et d’ajouter : «Les enquêteurs n’ont fait que des constatations mais, ils ne les ont pas accusés directement.» Les cadres de l’Onec, faut-il le rappeler, sont poursuivis pour abus de fonction, divulgation de secrets et délit de coalition. «Nous n’avons pas voulu intervenir dans le débat au mois de juin pour laisser cette session extraordinaire se dérouler dans le calme justement», a déclaré Me Mostefa Bouchachi. Mais, a-t-il souligné, «nous ne pouvons pas continuer à admettre cette détention qui ne se base sur aucune preuve». Lors d’une conférence de presse tenue en septembre dernier, il dira que Nadjib Yaïche et ses trois autres collègues n’étaient que des «boucs émissaires» pour «calmer l’opinion publique et lui redonner confiance». «La ministre de l’Education nationale Nouria Benghabrit a déclaré, il y a trois jours, que l’Onec n’avait aucune relation avec les fuites. En fait, il existe plus de 300 centres à travers le pays. Ces fuites pouvaient provenir de plusieurs endroits», a argumenté Me Mostefa Bouchachi qui estime que les poursuites ont été faites «dans la précipitation». Et de déplorer : «Ces cadres sont des responsables au sein de cet organisme et leur inculpation donne un mauvais signal aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le fait de les présenter comme des traîtres ne manquera pas d’ébranler la confiance dans les institutions du pays.»
A. B.