Justice. Belaïz : « Il n’y a pas de prisons secrètes en Algérie »

Justice. Belaïz : « Il n’y a pas de prisons secrètes en Algérie »

El Watan, 3 juillet 2008

Le ministre de la Justice s’est rendu hier dans les wilayas de Blida et de Tipaza pour s’enquérir de la situation des établissements de son secteur. Lors d’un point de presse animé en marge de cette visite, il est revenu sur l’affaire Khalifa.

A ce propos, M. Belaïz a affirmé que l’Algérie a entrepris toutes les démarches réglementaires pour l’extradition de l’ex-golden boy en Algérie, ajoutant que la décision revient toutefois en dernier lieu au juge britannique. S’agissant de l’affaire Khalifa Airways, le ministre de la Justice a précisé que celle-ci suivait son cours au niveau du tribunal de Chéraga. En réponse à certaines accusations d’ONG internationales qui reprochent à l’Algérie ses méthodes en matière de lutte antiterroriste, M. Belaïz a répondu : « il n’y a aucune prison secrète en Algérie. » Au chapitre de ses activités menées à Blida, le ministre de la Justice a visité le centre de réinsertion des jeunes détenus. La création de cette infrastructure avait été bien accueillie dans la mesure où elle est destinée à éviter aux jeunes de récidiver. Blida accueillera aussi le siège national des huissiers de justice.

A signaler, par ailleurs, que des travaux de réfection et d’aménagement seront engagés au niveau de la cour de justice et du siège du barreau de Blida. A signaler également que le wali a donné son accord pour l’attribution d’un terrain au barreau de Blida, afin d’y construire la maison de l’avocat. Il est aussi prévu la construction d’un centre pénitentiaire dans la ville des roses d’une capacité d’accueil de 1000 détenus . La seconde étape du périple du ministre de la Justice a commencé, signale-t-on, par la visite du chantier de ce qui sera la nouvelle cour de justice de Tipaza. M. Belaïz s’est montré ferme et a exigé que l’accent soit mis sur la qualité architecturale des bâtiments et des établissements qui relèvent de son département ministériel. « Non seulement, j’exige la qualité de l’architecture, mais j’insiste aussi sur la qualité des matériaux », a-t-il dit.

L’exigüité de certaines cours, construites récemment, l’a, par ailleurs, fait réagir. « Mais, réfléchissez à ce que seront ces cours de justice et ces tribunaux dans 20 ans. Les superficies des salles d’audience sont déjà trop réduites ; il faut agrandir. Essayez de trouver un terrain pour construire un tribunal pour les affaires criminelles, pour permettre l’extension de la cour. Je veux que cette cour de justice de Tipaza soit opérationnelle pour la prochaine année judiciaire », a-t-il martelé. Le ministre de la Justice s’est par la suite rendu au tribunal de Tipaza pour s’enquérir de la gestion de ce dernier. Sur place, il a promis de renforcer les effectifs, afin d’éviter les lenteurs dans le traitement des dossiers.

Par M’hamed H.


Tayeb Belaïz dément l’existence de prisons secrètes en Algérie

El Moudjahid, 03 juillet 2008

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux balaie d’un revers de la main les allégations de certaines organisations non gouvernementales (ONG) qui font état de l’existence de prisons secrètes en Algérie et soutient que notre pays ne possède pas de geôles ou autres lieux de détention clandestins. S’exprimant à partir de Blida où il était hier en visite de travail et d’inspection dans les wilayas de Blida et de Tipasa, Tayeb Belaïz se dit «étonné» d’entendre ce genre d’accusations et affirme que notre pays n’a rien à cacher et il œuvre dans la transparence la plus totale.
Interrogé au sujet de l’ex-émir national du GSPC, en l’occurrence Hassan Hattab, le ministre assure que le mis en cause est soumis au même régime et aux mêmes dispositions que les autres détenus et indiquera que tout se fait dans la légalité. Tayeb Belaïz évoquera également le dossier de l’extradition de Abdelmoumen Khalifa, condamné par contumace à la réclusion à perpétuité par le tribunal criminel de Blida, en mars 2007, et note devant les journalistes et ce, pour la énième fois, que l’affaire suit son cours normal en Grande-Bretagne où la justice britannique est, selon lui, «souveraine» et est seule maître pour décider quoi que ce soit. Idem pour l’affaire Khalifa Airways dont il se contentera de dire qu’elle suit l’instruction le plus normalement du monde au niveau du tribunal de Chéraga qui relève de la cour de Blida. «Pour ce qui concerne les pourvois en cassation introduits à l’issue du procès de Khalifa Bank, les dossiers sont traités au niveau de la Cour suprême qui statuera sur la recevabilité ou pas de ces demandes », ajoutera Tayeb Belaïz sans souhaiter entrer dans les détails qui peuvent, selon les observateurs, entraver la bonne marche des procédures. Pour revenir à la sortie d’hier du ministre de la Justice, garde des Sceaux, il convient de signaler l’inauguration à Blida de la première structure en Algérie qui s’occupera de la réinsertion sociale des détenus dans la société algérienne. Relevant de la direction pénitentiaire, ce genre de structures qui sera généralisé à l’ensemble des 36 cours de justice que compte notre pays a pour missions de suivre de près la délicate opération de la réinsertion des détenus et il sera mis à l’écoute des concernés des psychologues et même des conseillers qui les orienteront vers les différents dispositifs d’emploi, d’enseignement ou de formation (Ansej…). Par ailleurs, Tayeb Belaïz s’est rendu sur les deux sites qui devront servir à la réalisation de deux établissements pénitentiaires de 1.000 et 2.000 lits, situés respectivement à Bouarfa (Blida) et à Koléa (Tipasa). En outre, il s’est attardé aux tribunaux de Blida, de Tipasa et de Koléa mais aussi au siège de la cour de Blida qui a connu une extension récemment. Il est à noter, enfin, que la cour de Blida englobe 9 tribunaux dont quatre sont situés dans la wilaya de Tipasa et un autre à Alger, en l’occurrence celui de Chéraga.