Les précisions de Tayeb Louh

ATTENTAT DE CONSTANTINE ET LUTTE CONTRE LE TERRORISME

Les précisions de Tayeb Louh

Le Soir d’Algérie, 28 février 2017

Le ministre de la Justice s’est exprimé hier sur l’attentat avorté et mené dimanche soir par un kamikaze à Constantine. Tayeb Louh est intervenu sur le sujet lors de son passage à la Chaîne 1 dans le cadre du traditionnel «Forum de la radio». L’invité de la Chaîne 1 était invité à intervenir sur un large éventail de questions, toutes liées au secteur judiciaire engagé dans de multiples réformes actuellement, mais l’occasion a été saisie par les journalistes présents pour tenter d’arracher du neuf sur la gestion des affaires terroristes. C’est à ce moment que Tayeb Louh a évoqué l’attentat déjoué qui a eu lieu dimanche soir donc à Constantine. Ce dernier a relaté les faits tels que nous les connaissons : un terroriste qui a surgi de nuit aux abords d’un commissariat devant lequel il a tenté de se faire exploser. C’était un kamikaze, confirme le Garde des sceaux, «il portait effectivement une ceinture explosive». Il annonce ensuite que le procureur de la république s’est rendu sur les lieux et que l’identification du kamikaze se poursuivait hier encore. «L’attentat a été déjoué grâce à la vigilance des éléments des forces de l’ordre qui se trouvaient à proximité du commissariat, et c’est de vigilance dont nous avons besoin pour combattre le terrorisme».
L’occasion était toute donnée aux journalistes présents qui tentent alors de savoir si les portes de la «rahma» et les dispositions relatives à la concorde civile sont toujours de mise. Le ministre de la Justice ne se laisse pas décontenancer. Il rappelle que la concorde civile a fait l’objet d’un référendum et que la population algérienne s’est prononcée en faveur de cette option politique «qui n’a pas limité la gestion du terrorisme au sécuritaire». «Oui, déclare-t-il, les dispositions de la concorde civile sont toujours en œuvre». Mais il nuance en expliquant que le traitement des dossiers se fait au cas par cas. «Il est vrai, dit-il que les personnes qui collaborent et procurent aux services de sécurité des informations utiles bénéficient de certains allègements». On n’en saura pas plus sur le sujet, mais Tayeb Louh tient tout de même à dévoiler une information encore inconnue «l’Etat, dit-il, n’étant pas soumis à l’obligation de rendre publiques toutes les démarches entamées en la matière». Dans le cadre de l’éradication définitive du phénomène, un travail envers les détenus pour affaire de terrorisme sont pris en charge par des équipes du ministère des Affaires étrangères lesquelles ont pour mission de «débriefer» les concernés en démontant les idées reçues au maquis et celles les ayant conduits à verser dans le terrorisme. «Le combat que nous menons, poursuit-il doit également être de nature idéologique». Interrogé sur le nombre de dossiers liés au terrorisme traités par le ministère de la Justice Tayeb Louh s’est abstenu de livrer un nouveau chiffre. «Nous sommes loin des années 90», s’est-il contenté de dire. En décembre dernier, les chiffres qu’il avait révélés avaient été largement commentés par la presse. Le ministre de la Justice avait alors dévoilé que le nombre d’individus poursuivis pour crimes terroriste s’élevait au 21 décembre 2016 à 54 457 personnes en réponse aux questions posées par des membres de la commission des affaires juridiques administratives et des droits de l’Homme du Conseil de la nation. En matière de terrorisme toujours, le Garde des sceaux s’est longuement attardé sur les raisons de l’émergence des groupes terroristes qui sèment actuellement la mort outre-mer. «A l’époque où l’Algérie se battait pour faire admettre que le terrorisme était «Un» et qu’il ne fallait lui accorder aucune nuance, des voix étrangères s’élevaient pour affirmer que notre pays était en proie à un chaos créatif. Malheureusement c’est ce chaos qui a produit El-Quaïda, puis Daesh actuellement, et c’est lui encore qui est à l’origine des attentats qui se produisent en Occident et ailleurs, dans des pays où l’on était pratiquement sûrs de ne pas être concernés par le terrorisme. Aujourd’hui, nous répétons encore que ce phénomène menace les nations, la démocratie, et qu’il est nécessaire de s’unir dans des alliances qui ne sont pas conjoncturelles ou intéressées pour en venir à bout». Il faut d’autre part savoir que Tayeb Louh est intervenu sur plusieurs autres thèmes durant son passage au «Forum de la radio». Il s’est exprimé sur la gestion des affaires de corruption annonçant que 5 000 dossiers avaient été traités entre 2013 et 2015 et rassuré les Algériens en affirmant que «la justice faisait son travail sur le sujet».
R. N.