La justice belge innocente Zouhir Mehdaoui

Après avoir été confondu au cerveau des attentats de Paris depuis un an

La justice belge innocente Zouhir Mehdaoui

Le Soir d’Algérie, 28 février 2017

Remis au pôle anti-terroriste de Constantine depuis son arrestation en février de l’année dernière par la Gendarmerie nationale de la ville d’Akbou pour sa présumée association avec le tristement célèbre Abdelhamid Abaâoud, le cerveau des attentats de Paris de 2013, Zouhir Mehdaoui, l’enfant de Tamokra, relevant de la wilaya de Béjaïa, est toujours entre les mains des enquêteurs, malgré les preuves formulées par les autorités belges prouvant son innocence pour son appartenance à la mouvance terroriste de Daesh.
Le porte-parole du parquet fédéral, Eric Van der Sypt, dans une déclaration à la presse belge, souligne dans une conférence de presse au lendemain de son arrestation que le Belgo-Algérien Mehdaoui Zouhir, «n’a jamais été inculpé dans notre pays pour des faits liés au terrorisme et ne ferait pas l’objet d’un mandat d’arrêt international».
Le jeune immigré de la banlieue bruxelloise, âgé de 29 ans, marié à une Belge et père d’une fillette de 3 ans, a été arrêté à la suite d’une information faisant état de «sa possible implication dans des activités terroristes et son éventuelle appartenance à un groupe terroriste activant en Syrie». Mehdaoui Zouhir pour rappel, s’est livré de son propre gré, en répondant à une convocation du juge d’instruction du tribunal de la ville d’Akbou, après que la brigade de la gendarmerie de sa commune, a formulé un dossier à charge basé sur des propos de son voisinage, quant à sa ressemblance à l’homme filmé à côté du cerveau des attentats de Paris, Abdelhamid Abaâoud dans un pick-up en Syrie. Le jeune immigré selon une source proche de sa famille, a toujours clamé son innocence et ses proches ne savent plus à quel saint se vouer pour sa libération immédiate afin de retrouver sa mère malade et sa petite famille en désarroi total à Saint Gilles, une localité toute proche de Bruxelles.
La journaliste du quotidien La Capitale de Bruxelles, Joy Citegetse qui nous a contacté, il y a quelques jours à propos de la suite réservée par les autorités algériennes au jeune Saint-Gillois de 30 ans, s’est dite «étonnée» de la tournure qu’a pris cette affaire basée sur une simple ressemblance du présumé.
«En Belgique, Mehdaoui est officiellement innocenté par les autorités fédérales, puisque le vrai homme montré sur la vidéo à côté d’Abaâoud, a été tué lors d’un raid de la coalition sur le sol syrien et dont sa famille a identifié à 100%» nous a-t-elle confié cette dernière qui a réservé toute une colonne au sujet de Zouhir Mehdaoui.
«Depuis maintenant près d’un an, Zouhir Mehdaoui ce Saint-Gillois de 30 ans est en prison en Algérie. Il apparaîtrait dans une vidéo filmée par Abaaoud en 2014 en Syrie. Ce sont des gens de son village qui auraient reconnu le Bruxellois sur les images qui ont été diffusées en boucle après les attentats de Paris» écrit la journaliste belge avant d’ajouter «Sa famille parle d’une arrestation arbitraire. Pour elle, la personne aux côtés d’Abaâoud n’est pas Zouhir et plusieurs éléments physiques les différencient comme la couleur des yeux. Les proches de Mehdaoui reconnaissent qu’il est très pieux mais réfute tout lien avec des terroristes. Selon nos informations, il aurait été confondu avec Zacharia Iddoub tué en Syrie le 17 janvier dernier. Alors qu’en Algérie, les soupçons se portent sur Zouhir Mehdaoui, en Belgique, le chauffeur d’Abaâoud avait été reconnu comme étant Zacharia Iddoub, une jeune de 27 ans, originaire de Vilvorde et parti en Syrie en 2013».
Ce Zacharia Iddoub, aurait été tué dans un bombardement le 17 janvier, révèle Joy Citegetse dans son article sur La Capitale et dont le père du terroriste avait ensuite confirmé. «C’est son frère, Ismaël, qui a envoyé un SMS à sa maman», expliquait-il ce dernier à la presse belge.
Selon toujours la presse bruxelloise, Zacharia qui vivait à Vilvorde en périphérie bruxelloise, est parti en Syrie via la Turquie en janvier 2013. Parti pour rejoindre les rangs de Jabhat al Nosra, comme en témoignent des images le montrant sous le drapeau de l’Etat islamique dont Abaâoud était un lieutenant.
Kamel Gaci