Attentats kamikazes du 11 décembre 2007: Le procès s’ouvre aujourd’hui au tribunal d’Alger

Attentats kamikazes du 11 décembre 2007

Le procès s’ouvre aujourd’hui au tribunal d’Alger

Par : MALIKA BEN, Liberté, 29 mai 2011

Le procès des auteurs présumés des attentats kamikazes du 11 décembre 2007 qui ont ciblé le Conseil constitutionnel à Ben Aknoun et le siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés à Hydra s’ouvre le 30 mai au tribunal criminel d’Alger. Le procès, enrôlé dans diverses sessions criminelles, a été reporté à maintes reprises pour divers motifs.
Une fois c’est la Cour suprême qui doit statuer sur un pourvoi en cassation et une autre, c’est une partie de la défense qui a fait faux bond. Sauf imprévu ou le recours de certains avocats à leur éternel stratagème à savoir l’absence, l’audience a de fortes chances d’avoir lieu.
Six accusés sur les treize, sept sont toujours en fuite et certains auraient été abattus, seront au box des accusés et répondront à de lourds chefs d’inculpation : adhésion à un groupe terroriste activant à l’intérieur et à l’extérieur du pays, homicide collectif volontaire à l’explosifs, détention et usage d’explosifs et d’armes, atteinte à la sécurité de l’État, blanchiment d’argent.
Le principal accusé dans cette affaire n’est que le terroriste Abdelmalek Droukdel alias Abou Musaâb Daoud, chef de la branche d’Al-Qaïda Maghreb (Aqmi).
Certains accusés avaient reconnu leur implication directe dans cet attentat pour avoir mis à la disposition de leurs acolytes kamikazes des camions-citernes chargés
de 1 600 kg d’explosifs.
D’autres tels que l’accusé Minia M. n’est pas impliqué directement dans cette affaire mais est poursuivi pour non-dénonciation de faits graves dont il était au courant.
Son avocat a tenté vainement de lui arracher la liberté provisoire. Le juge d’instruction a reconnu la non-implication de Minia dans l’attentat et a prononcé un non-lieu mais la chambre d’accusation a refusé de lui accorder la liberté provisoire.
Ce, en dépit du fait que le délit de non-dénonciation ne nécessitait pas l’emprisonnement. Selon les enquêteurs, le groupe qui a perpétré les attentats du 11 décembre 2007 est également impliqué dans les attaques contre le bus de BRC sur la route de Bouchaoui, qui a coûté la vie à plusieurs travailleurs de la société française de BTP Razel chargée de la réparation du tunnel ferroviaire de la région d’Ammal à Béni Amrane (Boumerdès) endommagé en 2008 après la collision d’un train de transport de carburant et d’une locomotive.
À rappeler, enfin, que les attentats kamikazes du 11 décembre 2007 ont fait 26 morts et 177 blessés, selon un bilan officiel du ministère de l’Intérieur.