Justice: Les attentats d’Alger du 11 décembre en instruction

Justice: Les attentats d’Alger du 11 décembre en instruction

par Salah C., Le Quotidien d’Oran, 4 novembre 2008

Le procureur général de la Cour d’Alger, Belkacem Zermati, a révélé lors d’un point de presse, en marge de la cérémonie d’ouverture de l’année judiciaire 2008-2009, que « l’affaire relative aux deux attentats terroristes à l’explosif perpétrés à Alger le 11 décembre 2007 et ayant ciblé le Conseil constitutionnel à Ben Aknoun et le siège des Nations unies à Hydra, est en cours d’instruction à la Cour d’Alger ». Le PG a également précisé que « la Cour d’Alger a revendiqué l’affaire relative aux deux attentats d’Alger qui était pendante au tribunal de Bouira et le dossier se trouve en instruction au niveau du pôle judiciaire spécialisé ». Pour rappel, les deux attentats meurtriers, qui avaient fait 37 morts et 177 blessés, avaient été perpétrés le 11 décembre 2007. Le premier, qui a ciblé le siège du Conseil constitutionnel, a eu lieu à 9h45mn et a fait une dizaine de morts et plusieurs autres blessés. La puissance de la déflagration a été telle qu’elle avait été ressentie dans tout Alger. Parmi les victimes, on a dénombré plusieurs étudiants qui étaient à bord de deux bus des oeuvres universitaires qui étaient stationnés à quelques mètres du véhicule qui a explosé. Quelques minutes plus tard, précisément vers 10 h, c’était au tour du siège des Nations unies, situé à Hydra, d’être la cible d’un attentat similaire perpétré à l’aide d’une camionnette bourrée d’explosifs. On a compté sur-le-champ une douzaine de décès, dont certains parmi le personnel de la mission onusienne ainsi que d’autres blessés parmi les passants et les habitations mitoyennes au HCR. Zermati a relevé, par ailleurs, que « les affaires liées au terrorisme qui ont été enrôlées à la Cour d’Alger pour la nouvelle année judiciaire sont moins importantes que les années précédentes ».

Selon lui, cela s’explique par le fait que « les magistrats ont fourni un effort conséquent pour le traitement de ce genre d’affaires, d’une part, et la réduction de l’activité terroriste, d’autre part ». En revanche, le PG de la Cour d’Alger a fait remarquer qu’en matière « d’affaires inscrites au pénal, leur nombre augmente d’année en année, notamment les affaires liées à la petite criminalité ». Interrogé au sujet de l’exécution des décisions de justice, M. Zermati s’est montré satisfait en faisant savoir que « le pourcentage d’exécution avait atteint 71%, alors qu’il ne dépassait pas les 48% l’année judiciaire écoulée ». Dans ce contexte, il a affirmé que « depuis l’introduction de nouvelles dispositions relatives à l’exécution des décisions de justice concernant l’administration dans le code pénal en 2001, un grand pas a été réalisé et une amélioration a été constatée dans l’exécution des décisions».

Cette question a été longuement abordée par le président de la République au cours de l’ouverture officielle de l’année judiciaire 2008-2009, le 29 octobre dernier, en évoquant « les lenteurs constatées dans l’application par l’administration des décisions de justice et instruisant, à cet effet, les magistrats de poursuivre en justice les autorités administratives qui n’appliquent pas les décisions de justice ».