Un des trois détenus met fin à la grève de la faim

Cadre d’ABM à Serkadji

Un des trois détenus met fin à la grève de la faim

El Watan, 1er décembre 2011

Condamné à six ans de prison ferme pour une affaire liée à des marchés avec la DGSN, Djaïder Zerrouk, directeur commercial d’Algerian Busines Multimedia (ABM), avait entamé une grève de la faim avec ses deux collègues et co-détenus (condamnés également à 6 ans de prison), à savoir Mohamed Antri Bouzar (PDG) et Toufik Sator (directeur général adjoint et gendre de Oultache).

Djaïder Zerrouk a décidé, mardi, de mettre fin à son action. «Etant donné sa santé fragile, il a été lourdement affecté par cette grève. Il vomissait et s’évanouissait. Son état s’est détérioré l’obligeant à s’alimenter», a déclaré maître Ksentini, l’avocat du prévenu. La défense a peur pour la santé des autres cadres qui maintiennent leur grève en refusant de manger et de boire, exception faite pour l’eau salée (et non sucrée comme annoncé dans une précédente édition). Pour les avocats, il est peu probable que les détenus reviennent sur leur décision «dans la mesure où ils restent convaincus qu’elle est le seul recours qui leur permet de pousser l’autorité judiciaire à leur assurer un procès équitable et transparent le 11 décembre».

Lors du procès en première instance, la défense, notamment maître Tayeb Belarif, avocat de Chouaïb Oultache (condamné à 7 ans de prison), a dénoncé «les graves dérives judiciaires et les nombreuses violations de la procédure ayant suscité, pour certaines, des dépôts de plainte qui n’ont pas eu de suite». Pour l’avocat, le jugement du tribunal «repose sur le lien entre Oultache et Sator qui constitue seul, aux yeux du juge, toutes les infractions». Selon lui, «les 0,12% d’actions détenues par Sator (gendre de Oultache, ndlr) dans ABM ne lui donnent pas le droit d’avoir un pouvoir décisionnel», avant de plaider pour «le rétablissement du droit à travers le strict respect de la loi dans la forme et le fond». Pour toutes ces raisons, les trois prévenus avaient décidé d’entrer en grève de la faim, afin d’attirer l’attention de l’opinion publique et d’exiger en même temps des «garanties pour un procès équitable».

Salima Tlemçani