Affaire Tiguentourine : L’enquête entre les mains de la justice algérienne

Affaire Tiguentourine : L’enquête entre les mains de la justice algérienne

par Z. Mehdaoui, Le Quotidien d’Oran, 11 janvier 2014

L’attaque terroriste contre le complexe gazier de Tiguentourine, dans la wilaya d’Illizi, le 16 janvier 2013, est instruite par un juge spécialisé, a déclaré, jeudi, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh. Dans une déclaration à la presse en marge d’une séance plénière du Conseil de la Nation consacrée au vote du projet de code pénal, le ministre a indiqué que l’affaire de Tiguentourine est «entre les mains de la justice algérienne et l’instruction est confiée à un juge spécialisé comme l’exige la procédure pénale».«Le code de procédure et la loi algérienne autorisent quiconque ayant subi des préjudices suite à cette agression à se constituer partie civile auprès du juge d’instruction ou du tribunal qui aura à statuer sur l’affaire», a précisé le ministre.

«Laissons la juridiction spécialisée chargée d’instruire cette affaire poursuivre l’instruction conformément à la loi», a conclu le ministre de la Justice. L’attaque contre le site gazier est en fait considérée en Algérie comme une sorte de «11 Septembre 2001». Jamais le pays n’a connu une attaque aussi sanglante dans une région censé être ultra sécurisée. C’est le cœur même du pays qui a été frappé, sachant que la région représente le poumon économique de la nation toute entière.

36 otages étrangers ainsi qu’un agent de sécurité algérien avaient été tués lors de la prise d’otage perpétrée par un groupe terroriste lourdement armé venu du territoire libyen. Selon les premiers éléments de l’enquête qui avaient été rendus publics quelques jours après la prise d’otage, les terroristes avaient l’intention de faire sauter tout le site. L’intervention ferme des éléments de l’ANP avait permis de sauver des centaines de vies humaines mais aussi de sauver le complexe gazier de la destruction, ce qui aurait porté un coup dur à l’économie nationale. Depuis, les autorités algériennes ont pris des mesures draconiennes en mettant en place un dispositif sécuritaire renforcé pour pallier à toute éventualité. Ce ne sont plus des «agents de sécurité» recrutés dans le tas par des boîtes privées qui assurent la sécurité du site mais des para-commandos de l’ANP. Il faut savoir que l’attaque terroriste a provoqué une onde de choc à travers toute la planète. Plusieurs pays, à l’image des USA, le Royaume-Uni, la France et même le Japon qui avait perdu pourtant plusieurs de ses compatriotes dans l’attaque terroriste, avaient salué la «célérité» et le «professionnalisme» de l’armée algérienne. Nombre de spécialistes de la scène sécuritaire, aussi bien des nationaux que des étrangers, ont reconnu la complexité de la prise d’otage qui s’est déroulée de surcroît sur un site gazier complètement miné par des explosifs. Si la réponse militaire de l’armée algérienne a été à la hauteur de la gravité du problème, il n’en demeure pas moins qu’en matière de communication, le Gouvernement algérien a failli ; ce qui a donné libre cours, lors de la prise d’otages, à toutes les supputations, aux analyses et commentaires les plus fantaisistes. Les médias algériens étaient contraints à suivre les informations distillées par des agences étrangères sur la prise d’otage alors qu’une cellule de crise a été installée par les autorités du pays.

L’ALGERIE DEPLORE «L’AGITATION MEDIATIQUE»

«Nous déplorons l’agitation tendancieuse de certains médias étrangers autour de l’anniversaire du lâche attentat terroriste perpétré contre le complexe gazier de Tiguentourine», a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères M. Belani. Ce dernier, dans une déclaration à l’APS, ajoute que «nous rejetons vigoureusement les présentations biaisées et les allégations absurdes émises par ces médias qui, de parti pris en préjugé, en viennent quasiment à disculper les auteurs de cet odieux attentat terroriste et à faire d’une bande de criminels, sans foi ni loi, des interlocuteurs potentiels avec lesquels il y aurait matière à négociation». Le porte-parole du ministère des AE a tenu à rappeler en ce sens que l’intervention des forces de sécurité algériennes «était impérative pour sauver des centaines de vies humaines et pour protéger un site stratégique que les terroristes projetaient de faire exploser».

Cette action «décisive», précise M. Belani, «était marquée du sceau du professionnalisme et répond à la nécessité impérieuse de préserver la souveraineté et l’intégrité de notre pays qui ne saurait, en aucune manière, devenir l’otage des forces du mal et de la destruction».

«Aujourd’hui, nous ne pouvons que nous interroger sur les desseins de ceux qui veulent occulter le fait que la responsabilité des décès qu’on a eu malheureusement à déplorer est entièrement imputable aux terroristes et semer le doute sur le succès d’une opération militaire des plus complexe, qui a été unanimement reconnue par la communauté internationale comme étant la riposte la plus adaptée face à un véritable acte de guerre lâchement commis contre un Etat et un peuple qui resteront intransigeants face au terrorisme», conclut le porte-parole.