Ouyahia à propos de l’assassinat des moines de Tibhirine : « La France «sait très bien» qui en sont les auteurs « 

Assassinat des moines de Tibhirine : Ouyahia au Figaro :

La France «sait très bien» qui en sont les auteurs

par Mohamed Khellaf , Le Jeune Indépendant, 4 mars 2004

Un «débat franco-français». Ahmed Ouyahia a renvoyé, hier, dans le camp de la France le rebondissement médiatico-juridique de l’affaire des moines de Tibhirine. Dans un entretien accordé au quotidien français le Figaro, le chef du gouvernement a anticipé sur l’évolution judiciaire du dossier en écartant toute responsabilité de l’Algérie dans ce «terrible drame».

La justice française a décidé, début février, d’ouvrir une information judiciaire pour enlèvement, séquestration et assassinat. Faisant suite à une plainte contre X déposée le 22 décembre par le proche d’une des victimes et un responsable de l’ordre cistercien, le parquet de Paris a chargé le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière d’y faire toute la lumière.

Sans exclure la collaboration des autorités algériennes avec les juridictions françaises, le chef du gouvernement a averti que l’Algérie n’avait aucune responsabilité pénale à assumer. «Nous sommes bien entendu disposés à répondre aux demandes d’entraide judiciaire», a-t-il dit.

Mais sans plus. «Nous ne sommes pas concernés par un éventuel débat franco-français sur Tibhirine». Pour Ahmed Ouyahia, chef du gouvernement au moment des faits (printemps 1996), l’identité des auteurs du forfait ne fait pas de doute.

Les religieux ont été enlevés et exécutés par les groupes islamistes armés, version réfutée par les auteurs de la plainte, des animateurs d’ONG et l’adjudant-chef Tigha, un ancien du DRS en poste à Blida en 1996. «Je peux vous dire que les éléments que nous avons recueillis à l’époque ne laissent planer aucun doute sur les auteurs du crime.

Ils ont été confirmés par les témoignages de repentis. Mais des tentatives de manipulation à notre endroit se sont greffées sur l’affaire. Nous avons été victimes de la campagne calomnieuse du « qui tue qui ? ».» Les officiels français «savent très bien» l’identité des preneurs d’otages, ajoute le chef du gouvernement.

Une précision déjà donnée par le chef d’état-major, Mohamed Lamari, dans une interview accordée en janvier 2003 à l’hebdomadaire parisien le Point. Les autorités françaises «étaient, il faut s’en souvenir, en contact et en tractation avec les ravisseurs», précise Ouyahia à l’appui de son propos.

M. K.