Qu’est qu’il y a derrière Tiberhine ?

Qu’est qu’il y a derrière Tiberhine ?

Par : Abdelhamid Benhamla, El Khabar, 3 septembre 2009

Il semble que depuis le départ forcé du président Chirac et l’arrivée, préparée de longue date, de Sarkozy, à la tête de l’Etat français, la guéguerre entre ces deux leaders de la droite ne s’estompe pas avec le temps, mais plutôt avec les affaires, lorsque celles-ci auront fini. L’affaire de Karachi n’est pas près de quitter l’actualité, ou du moins le bruit de fond qui l’accompagne. Karachi, c’est cette histoire de vente de sous-marins français au Pakistan au cours de laquelle, il fut convenu le versement de commissions à des officiers Pakistanais. Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget, aurait donné son accord à la création d’une société écran au Luxembourg, pour faciliter la sortie des bakchichs. Le paiement de commissions à des tiers était légal en France alors que les bénéficiaires pakistanais furent, par la suite, condamnés dans leur pays. Sarkozy roulait pour Balladur pour les présidentielles de 1995 et une partie du Bakchich français devait retourner, en catimini, pour la caisse de la campagne électorale du clan Balladur, Sarkozy, Pasqua, sous forme de rétro commission. Quand Chirac fut élu, il décide de tout bloquer. Les pakistanais, las d’attendre le versement des commissions, organise l’attentat de Karachi où périront onze ingénieurs français. Au début de cet été, les médias français ont commencé à se remémorer cette affaire sous la pression des familles des victimes et Sarkozy s’est senti dans de beaux draps. Il fallait que l’affaire soit étouffée par n’importe quel moyen. Tiberhine est choisie pour faire diversion et on trouva en le général à la retraite un bon sujet à faire sortir de son ennui de retraité. Après quelques envolées lyriques qui ont fait taire une partie des médias, les services français ont préféré calmer le jeu de manière diplomatique, à travers leur brillant ambassadeur 0 Alger. A la veille de la rentrée sociale, ces mêmes services ont voulu anticiper une éventuelle reprise de l’affaire de Karachi par les médias. Tiberhine revient au devant de l’actualité avec la levée du secret défense sur des documents que personne ne trouve et dont aucun responsable, au moment du drame, n’a souvenance. Les services algériens semblent avoir compris et refusent que l’on fasse d’eux, le sujet d’un combat d’arrière garde qui n’est même pas celui de la droite la plus large, mais d’un espace réduit de ce qui reste du gaullisme. Karachi contre Tiberhine ou Tiberhine contre Karachi ? C’est toujours la France qui est rejointe par ses affaires, celles pour lesquelles sont condamnés les dictateurs.