L’islamiste algérien Boualem Bensaïd rejugé aujourd’hui

Attentats de 1995 à Paris

L’islamiste algérien Boualem Bensaïd rejugé aujourd’hui

Le Matin, 3 novembre 2003

L’islamiste algérien Boualem Bensaïd est rejugé seul en appel à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 28 novembre pour sa participation présumée à trois attentats commis à Paris en 1995, revendiqués par le Groupe islamique armé (GIA) algérien, qui avaient fait 8 morts et 200 blessés.
Bensaïd a fait appel après avoir été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, en tant que complice pour les attentats des stations du métro express régional (RER) Saint-Michel (25 juillet, 8 morts, 150 blessés) et de Musée d’Orsay (17 octobre, 30 blessés) et en tant qu’auteur de celui perpétré devant la station de métro Maison-Blanche (6 octobre, 18 blessés). Smaïn Ali Aït Belkacem, jugé en même temps que Bensaïd en première instance et condamné comme auteur de l’attentat de Musée d’Orsay à la perpétuité, s’est désisté de son appel et ne sera donc pas rejugé. Si l’accusé comparaît pour les trois attentats, l’essentiel de l’intérêt de ce procès en appel reste l’examen de l’attentat le plus meurtrier de cette vague, celui de Saint-Michel pour lequel l’accusation a montré de larges failles lors du premier procès. Ni l’enquête ni l’intervention de policiers, d’experts et de témoins durant le procès n’ont permis de prouver avec certitude la culpabilité de Boualem Bensaïd pour cet attentat. A tel point que accusé d’être « auteur » de cet attentat, Bensaïd a été seulement reconnu coupable de complicité. En revanche, la culpabilité de Bensaïd pour les attentats de Maison-Blanche et Musée d’Orsay était apparue plus évidente. A l’occasion de ce nouveau procès, certaines questions trouveront peut-être enfin une réponse.
Pourquoi Ali Touchent, personnage-clé du dossier, n’a-t-il jamais été arrêté ? Il est donné pour mort, abattu dans un hôtel d’Alger en mai 1997. Mais les autorités algériennes ne l’ont fait savoir qu’en février 1998. Touchent, alias Tarek, apparaît à la croisée de tous les réseaux dès le début de l’enquête et pourtant échappe à plusieurs arrestations. Autre attente dans ce procès en appel : la réponse au « pourquoi ces attentats ? » Bensaïd n’a fourni en première instance que des éléments de réponse.
Le militant a en effet justifié l’activisme du GIA par la nécessité de répondre notamment à l’interruption du processus électoral et à l’interdiction du Front islamique du salut (FIS) en Algérie en 1992.
Trois autres attentats parisiens ou tentatives (près de l’Etoile, 17 août 1995, 17 blessés » marché Richard-Lenoir, 3 septembre, 4 blessés » tentative place Charles-Vallin, 4 septembre) n’ont pas été élucidés.
AFP