Bensaïd re-condamné à la perpétuité

ATTENTATS DE 1995 A PARIS

Bensaïd re-condamné à la perpétuité

Le Quotidien d’Oran, 29 novembre 2003

L’islamiste algérien Boualem Bensaïd a été condamné jeudi en appel à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans par la cour d’assises spéciale de Paris pour avoir commis trois attentats attribués au GIA à Paris en 1995. Si la sanction infligée à Bensaïd, 36 ans, est la même que celle à laquelle il avait été condamnée lors d’un premier procès en octobre 2002, et dont il avait fait appel, la condamnation est plus lourde puisque cette fois il est déclaré coupable d’être l’auteur de l’attentat du train régional (RER) à la station Saint-Michel dans Paris (25 juillet, 8 morts et 150 blessés), alors qu’il n’avait été jugé que complice lors de la précédente audience. Il est par ailleurs déclaré coupable d’avoir posé la bombe qui a explosé le 6 octobre 1995 près d’une station de métro et complice dans l’attentat contre la rame du train régional à Musée d’Orsay (centre de Paris, 17 octobre, 30 blessés). Pour les victimes de Saint-Michel, l’attentat le plus meurtrier de la vague de 1995, ce verdict est une «grande satisfaction» et permet de «mettre un visage sur l’auteur» de ce crime, a confié Françoise Rudetzki de l’association SOS-Attentats, «même si on sait qu’il n’était pas seul dans le RER». La décision des neuf magistrats de la cour d’assises spécialement composée est conforme aux réquisitions de l’avocat général, Yves Jannier. «Dieu est grand ! Allah Akbar ! C’est une décision misérable…», a crié Bensaïd à l’issue du verdict avant d’être évacué de la salle d’audience. Il a tout contesté durant l’audience, jusqu’à l’absurde, tant sa participation aux attentats que son appartenance au Groupe islamique armé (GIA). Son avocat avait plaidé jeudi l’acquittement pour les attentats de Saint-Michel et du Musée d’Orsay et peu évoqué celui de Maison-Blanche pour lequel la justice disposait de l’empreinte digitale de Bensaïd retrouvée sur l’un des fragments de la bombe.

Le défenseur s’était attaché à souligner «les incertitudes» du dossier et l’absence de démonstration de l’accusation. Il a jugé le verdict «insatisfaisant». «La cour a validé une démonstration de l’accusation qui est totalement improbable», a-t-il expliqué, ajoutant que son client avait «le sentiment que la cour avait répondu à la douleur des victimes», qu’elle avait «trahi la vérité et la réalité du dossier». Boualem Bensaïd avait par ailleurs été condamné en 1999 à 10 ans de prison et une interdiction définitive du territoire pour son appartenance à une «association de malfaiteurs terroristes», puis à 30 ans de réclusion (dont 20 ans de période de sûreté) pour l’attentat raté contre le train Paris-Lyon le 26 août 1995. Le verdict rendu jeudi n’est cependant pas l’épilogue judiciaire des attentats de 1995, revendiqués par le GIA, qui voulait ainsi punir la France d’aider le pouvoir algérien. L’un des complices présumés, Rachid Ramda, soupçonné d’avoir financé la campagne d’attentats, est détenu en Grande-Bretagne et la procédure d’expulsion, entamée il y a huit ans, est toujours en cours.

Cécile BARAILLE De L’afp