Peine capitale pour Oultache

La justice tranche dans l’affaire de l’assassinat d’Ali Tounsi

Peine capitale pour Oultache

Le Soir d’Algérie, 1er mars 2017

C’est tard dans la soirée de lundi dernier que le tribunal criminel près la cour d’Alger a rendu son verdict dans l’affaire de l’assassinat de l’ex-directeur général de la Sûreté nationale. Ainsi, le juge Belkharchi a prononcé la peine capitale cinq heures après la même demande requise par le procureur général.
Abder Bettache Alger – (Le Soir) – Le verdict prononcé par le tribunal criminel près la cour d’Alger est intervenu à 20h 35 mn, soit après trois heures de délibérations. En effet, le tribunal criminel a prononcé la condamnation à mort à l’encontre de Chouaïb Oultache après avoir établi sa culpabilité pour «homicide volontaire avec préméditation contre Ali Tounsi, ex-directeur général de la Sûreté nationale, tentative d’homicide volontaire contre deux cadres de la direction et port d’arme sans autorisation».
La même instance judiciaire a statué sur l’action civile. Dans son verdict, le tribunal criminel a prononcé un jugement accordant aux ayants droit (famille de Ali Tounsi) et à l’ancien chef de Sûreté de la wilaya d’Alger, un montant de 24 millions de dinars à titre de dommages et intérêts.
Autrement dit, en vertu de ce jugement, un montant de 23 millions de dinars a été accordé à la famille de la victime Ali Tounsi et un (01) million de dinars à Abdelmoumène Abd Rabou, ancien chef de Sûreté de la wilaya d’Alger. Il est à noter que le tribunal criminel a statué sur l’action civile dans cette affaire après avoir prononcé la peine capitale à l’encontre de Chouaïb Oultache pour homicide volontaire avec préméditation contre Ali Tounsi, ex-DGSN, tentative d’homicide volontaire contre deux cadres de la direction et port d’arme sans autorisation.
Il est à noter également que la défense du mis en cause assurée par les avocats Tayeb Belarif et Amine Sidhoum a soulevé, lors de la plaidoirie, les «irrégularités qui ont caractérisé l’instruction de cette affaire».
Le premier à intervenir, soit Me Sidhoum, a soulevé des «anomalies liées au constat du décès et la scène de crime qui a été piétinée ». Il a parlé aussi du corps «qui a été transféré vers la clinique des Glycines, puis au laboratoire de la police avant d’atterrir au CHU Mustapha-Pacha pour l’autopsie ».
Au passage, il a critiqué le rapport d’autopsie. «La réglementation exige trois médecins alors qu’il y en avait deux seulement», a-t-il déclaré. Pour sa part, l’avocat et pénaliste Me Belarif Tayeb a déclaré à l’adresse du tribunal criminel que «depuis le début, on entend des menaces à l’encontre d’Oultache. On entend le tribunal dire qu’il a reconnu ce qu’il a fait», a-t-il lancé. Lors de son intervention, il a affirmé que la «modernisation de la DGSN avait commencé à déranger certaines personnes au sein même de l’institution». «L’accusation n’a pas du tout abordé les preuves matérielles qui sont en sa possession», a-t-il dit.
Cela dit, on apprend de source proche de la défense que cette dernière va se pourvoir en cassation auprès de la Cour suprême pour revisiter le dossier.
A. B.