Affaire Hasseni: Paris invoque l’indépendance de la justice

Affaire Hasseni

Paris invoque l’indépendance de la justice

El Watan, 29 novembre 2008

La situation du diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni, inculpé en France dans l’assassinat de l’opposant Ali Mecili, est une « procédure judiciaire sur laquelle le pouvoir exécutif n’a pas de prise », a déclaré hier le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères repris par l’AFP.

Le porte-parole, Eric Chevallier, précise la même source, a été interrogé après les déclarations du chef de la diplomatie algérienne, Mourad Medelci, mercredi dernier, affirmant que M. Hasseni, placé sous contrôle judiciaire à Paris, était « retenu en otage ». « Nous comprenons l’importance de ce sujet, mais il s’agit d’une procédure judiciaire sur laquelle le pouvoir exécutif n’a pas de prise », a réagi M. Chevallier lors d’un point de presse. Le ministre des Affaires étrangères, M. Medelci, a affirmé mercredi dernier à Alger que la France retient en otage depuis 4 mois un des meilleurs diplomates algériens « sous prétexte qu’il est ce qu’il n’est pas ». M. Medelci a même fait savoir qu’il s’est permis d’« attirer l’attention du ministre (des Pays-Bas) lorsqu’on a évoqué la question des droits de l’homme sur une situation paradoxale que les droits de l’homme sont en train de connaître dans un pays ami et partenaire, la France », répondant ainsi « à ceux qui considèrent qu’Alger a lâché Hasseni ».

Hier, le porte-parole français a rappelé que M. Medelci « était venu signaler l’importance du sujet il y a quelques semaines à Bernard Kouchner », son homologue. « Il s’agit d’une procédure judiciaire et vous le savez, en France comme dans de nombreux pays, les pouvoirs judiciaire et exécutif sont séparés », a répété M. Chevallier pour toute réponse. Visé par un mandat d’arrêt international émis en décembre 2007 par la France, M. Hasseni, rappelle-t-on, avait été interpellé le 14 août à l’aéroport de Marseille (sud-est de la France), inculpé de « complicité d’assassinat » dans le cadre du meurtre de Ali Mecili, 47 ans, exilé en France en 1965 et assassiné par balle le 7 avril 1987 à Paris. Retenu et placé ensuite sous contrôle judiciaire, ce responsable du protocole au ministère algérien des Affaires étrangères, clame son innocence et affirme être victime d’une homonymie. M. Hasseni est retenu en raison d’une « confusion dans les personnes », a déclaré M. Medelci au cours d’un point de presse, mercredi. Le diplomate algérien est « invité à faire lui-même la preuve de son innocence, ce qui est exactement le contraire des principes des droits de l’homme, dont l’un est de se considérer comme innocent jusqu’à preuve du contraire », a-t-il poursuivi.

Par R. N.