Affaire Ali Mecili: Mohammed Ziane Hasseni peut quitter la France

Affaire Ali Mecili: Mohammed Ziane Hasseni peut quitter la France

AP | 27.02.2009 | 15:58

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a partiellement levé vendredi le contrôle judiciaire de Mohammed Ziane Hasseni et a autorisé ce diplomate algérien soupçonné d’avoir commandité le meurtre de l’opposant Ali Mecili en 1987 dans la capitale française, à quitter la France, a-t-on appris de source judiciaire.

Pour Me Antoine Comte, l’avocat de la famille Mecili, il s’agit d’un « enterrement » de cette affaire, car le diplomate désormais libre de ses mouvements, ne reviendra certainement pas en France de son plein gré, même si le contrôle judiciaire lui impose toujours de se rendre aux convocations du juge d’instruction et lui interdit de se rendre en Allemagne.

Le diplomate Mohammed Ziane Hasseni a été arrêté le 14 août à l’aéroport de Marseille-Provence en vertu d’un mandat d’arrêt international émis par un juge d’instruction parisien. Sa mise en examen pour « complicité d’assassinat » a été confirmée le 14 octobre dernier par la cour d’appel. Il était placé sous contrôle judiciaire, ne pouvait pas quitter la France et devait se présenter une fois par semaine au commissariat.

L’avocat Ali Mecili, alors âgé de 47 ans, avait été assassiné de trois balles dans le hall de son immeuble à Paris le 7 avril 1987. De nationalité française, il se prénommait en réalité André, mais avait changé de prénom lorsqu’il avait été recruté comme agent de renseignement de la Sécurité militaire algérienne, pays dont il avait aussi adopté la nationalité.

Un mandat d’arrêt international a aussi été lancé en décembre 2007 contre l’assassin présumé, Abdelmalek Amellou. « Interpellé dès le mois de juin 1987, (Abdelmalek Amellou), trouvé porteur d’un ordre de mission de la Sécurité militaire algérienne, a été expulsé en urgence absolue en Algérie et ainsi soustrait à la justice française », a rappelé la veuve de l’opposant, Anne Mecili en octobre dernier.

Le juge d’instruction Baudoin Thouvenot avait clôturé en 2008 son instruction après avoir délivré le 7 décembre 2007 deux mandats d’arrêt internationaux, visant M. Hasseni et l’assassin présumé Abdelmalek Amellou. Le parquet s’était opposé à cette démarche.

Un premier non-lieu avait été prononcé en 1993 par un autre juge d’instruction en charge du dossier. Ce non-lieu avait été infirmé par la suite après un appel formé par la partie civile, relançant ainsi l’enquête qui a provoqué des tensions entre la France et l’Algérie. AP