Affaire Mecili : Le diplomate algérien fait appel de sa mise en examen

Affaire Mecili : Le diplomate algérien fait appel de sa mise en examen

par Synthèse: R.N., Le Quotidien d’Oran, 2 septembre 2008

Le diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni, soupçonné d’avoir commandité l’assassinat de l’avocat algérien Ali Mecili en 1987 à Paris, a fait appel de son inculpation et de son placement sous contrôle judiciaire, a annoncé lundi son avocat, Me Jean-Louis Pelletier.

M. Hasseni, responsable du protocole au ministère algérien des Affaires étrangères, interpellé le 14 août à Marseille (sud-est), avait été inculpé le lendemain à Paris pour «complicité d’assassinat» et placé sous contrôle judiciaire par le juge Baudouin Thouvenot. Il a été entendu lundi après-midi sur le fond du dossier par le magistrat qui avait délivré en décembre 2007 un mandat d’arrêt à son encontre. Me Pelletier a indiqué à l’AFP, à l’issue de cette audition, avoir saisi la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris pour «annuler cette mise en examen et ce contrôle judiciaire qui n’ont aucune justification». La cour d’appel n’avait pas encore enregistré cette demande lundi après-midi.

Selon Me Pelletier, «on reste complètement dans le flou dans cette histoire». «C’est à l’accusation d’apporter les preuves de la participation de mon client à cette curieuse affaire qui s’est déroulée il y a plus de vingt ans», a-t-il ajouté. «Mais je pense que le juge commence à percevoir les failles de l’accusation», a expliqué Me Pelletier, qui espère que le parquet restera sur sa position initiale.

Le ministère public s’était en effet prononcé contre la délivrance par le juge du mandat d’arrêt, estimant qu’il ne «s’imposait pas».

«Le seul élément contre mon client provient de témoignages fluctuants du colonel Mohammed Samraoui qui affirme que c’est M. Hasseni le coupable, sans apporter la moindre preuve», a relevé Me Pelletier.

L’Algérie, par la voix du ministre de la Communication, avait réagi à l’interpellation de M. Hasseni, la considérant comme un «incident regrettable», souhaitant que la justice française le «réhabilite rapidement». Lors du point de presse animé le 25 août dernier à l’issue du conseil du gouvernement, M. Abderrachid Boukerzaza avait déclaré que «le diplomate algérien a été victime d’un traitement humiliant de la part de la police française. C’est un incident regrettable», a-t-il ajouté. Après l’arrestation de M. Hasseni, le jeudi 14 août, «les autorités algériennes ont veillé à éviter la polémique, laissant à la justice française l’occasion de le réhabiliter, sur la base de preuves irréfutables», a-t-il ajouté. Les juges français «vont se prononcer sur ce cas dans un proche avenir», a-t-il poursuivi. «Une cellule de crise a été installée au ministère des Affaires étrangères dès l’éclatement de cette affaire et un groupe d’avocats a été constitué pour défendre» M. Hasseni, a indiqué le ministre.

Ali Mecili, 47 ans, porte-parole du FFS, avait été assassiné par balles le 7 avril 1987 dans le hall de son immeuble à Paris