Affaire Kerroumi: Communiqué de la LADDH Oran

COMMUNIQUE

Le Bureau d’Oran de la LADDH soucieux de voir la justice engager une procédure qui puisse aboutir à la condamnation du vrai coupable de l’assassinat du militant et ami Mr Kerroumi a appris que le présumé coupable, par l’intermédiaire de son père, conteste la procédure en cours et met en relief plusieurs points graves qui peuvent porter atteinte au droit à un procès juste et équitable

Nous citerons parmi ces points:
1/ Le refus du juge d’instruction de verser au dossier la vidéo de l’hôpital dont la police a été destinataire. Cette vidéo prouve, selon les dires du présumé coupable, que ce dernier s’est présenté le matin de l’assassinat du défunt, au service d’urgence de l’hôpital suite à un accident de moto.
2/Qu’aucune mesure n’ait été prise pour la prise d’empreintes sur le mur (pièce n° 4 du dossier de la police judiciaire). Même constat pour les empreintes sur le journal.
3/Le refus de contre-expertise des analyses ADN et de l’enquête complémentaire
4/Le refus d’établir l’historique complet et officiel (demande du document original de l’entreprise Djezzy) des appels téléphoniques reçus et émis par le défunt depuis sa disparition jusqu’à la découverte de son corps surtout que la pièce présenté ne comporte aucun des numéros qui se devaient de figurer (numéro de téléphone de son épouse et des militants avec lesquels il était en contact permanent)
5/ La rétention du double des factures de livraison des bloc-factures se trouvant dans son véhicule de service. Ces factures étant une preuve du programme du déplacement quotidien du présumé coupable.
6/ La disparition inexpliquée, notée par les avocats de la défense, des tâches de sang et du téléfax lors de la reconstitution du crime.
7/ La torture appliquée au présumé coupable d’après ces dires pour qu’il signe des aveux
8/Le fait que la voiture personnelle du défunt reste introuvable alors qu’il semble non raisonnable de voir quelqu’un avouer un assassinat et s’entêter à nier le vol de la voiture.

Le Bureau d’Oran de la LADDH ne peut que partager les inquiétudes et les questionnements soulevés par la défense du présumé. La recherche de la vérité par tous les moyens admis prime sur toute autre considération, et demeure une condition nécessaire pour un procès équitable.

Il en va de l’image de la justice Algérienne et de la défense de la mémoire du défunt. Ce procès doit faire la lumière (toute la lumière) sur l’assassinat de feu kerroumi et non pas servir à fournir un bouc émissaire pour boucler un dossier gênant qui est suivi par le rapporteur spécial de l’ONU.

P/ Bureau d’Oran K CHOUICHA