Restitution des crânes des martyrs: Les négociations entre Alger et Paris au point mort

RESTITUTION DES CRÂNES DES MARTYRS

Les négociations entre Alger et Paris au point mort

Liberté, 28 octobre 2017

Les négociations entre Alger et Paris au sujet de la récupération des archives de la Guerre de libération nationale, de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires dans le Sud algérien, des disparus et de la restitution des crânes des martyrs des révoltes populaires exposés au musée de Paris sont à l’arrêt. C’est ce qu’a affirmé, jeudi à Alger, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, en marge d’une journée d’étude sur intitulée “La terminologie et les notions historiques : histoire de l’Algérie 1830-1962”. Selon M. Zitouni, le gel des pourparlers entre les deux parties est dû “aux changements politiques survenus récemment en France”. Le ministre, qui a toujours considéré que ces dossiers “constituent un point noir dans l’histoire de la France”, a indiqué que “les autorités algériennes poursuivent leurs efforts en vue de réactiver l’action de ces commissions et trouver une solution définitive à ces questions qui restent en suspens”. En outre, M. Zitouni a mis en exergue “l’importance de promouvoir l’écriture de l’Histoire et de la transmettre aux générations montantes”. Évoquant cette rencontre, organisée par le Centre national d’études et recherches sur le mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954 à l’occasion du 63e anniversaire du déclenchement de la Révolution, le ministre a estimé qu’“il s’agit là d’un bond qualitatif dans le travail du secteur et d’une méthodologie nouvelle pour atteindre l’objectif d’écrire l’histoire nationale en utilisant une terminologie et des concepts scientifiques bien précis”, tout en précisant que “plusieurs témoignages vivants ont été recueillis à ce jour, en sus d’un recensement des actions des fidaïs et des centres de torture”. Dans le même sillage, M. Zitouni a souligné l’actualisation d’un fichier national au niveau du ministère, affirmant que “la matière historique brute a été fournie aux historiens, il reste à l’exploiter. Aujourd’hui, il est impératif de définir une terminologie et des concepts précis dans l’écriture de l’histoire de la Guerre de libération”. Saisissant cette opportunité, M. Zitouni a annoncé que “le Centre national d’études et de recherches sur le mouvement national et la Révolution du 1er Novembre 1954 a élaboré un livre d’histoire au profit des trois cycles d’enseignement qui a été remis au secteur de l’éducation nationale pour contribuer à ancrer la mémoire nationale chez les nouvelles générations”. Du reste, le ministre a indiqué qu’“un programme riche a été tracé en vue de mettre en avant les sacrifices des martyrs de la Révolution nationale, à travers, notamment, plusieurs activités et manifestations culturelles, artistiques et sportives, outre des enregistrements audiovisuels et des conférences, des tables rondes et des expositions”.

F. B.