Manifestations commémoratives à Alger

Préserver les acquis du 5 Octobre 1988

Manifestations commémoratives à Alger

El Watan, 6 octobre 2013

Des militants associatifs ont pu commémorer, hier à Alger, le 25e anniversaire des événements du 5 Octobre 1988, malgré un dispositif sécuritaire dense.

En effet, les principales places de la capitale ont été quadrillées, notamment la place de la Liberté de la presse, sise au boulevard Hassiba Ben Bouali, où des journalistes devaient tenir un sit-in. L’initiative n’a pu se concrétiser. Les agents de police étaient déployés dès la matinée pour empêcher tout rassemblement de la corporation. Les journalistes l’ont finalement organisée à l’intérieur de la Maison de la presse.
A Alger-Centre, au square Port-Saïd, des militants associatifs et syndicaux, pour la plupart affiliés au Rassemblement actions jeunesse (RAJ) et au Conseil des lycées d’Algérie (CLA), ont pu tenir un rassemblement. Venant par petits groupes, ces militants se sont donné rendez-vous à 10h30.

Originaires de plusieurs wilayas, ils se sont déplacés pour honorer les victimes d’Octobre 1988. Ils ont soulevé plusieurs pancartes, sur lesquels on pouvait lire des slogans comme «Oui à la liberté de rassemblement et d’expression». Selon le président de RAJ, Abdelwahab Fersaoui, «le rassemblement d’aujourd’hui (hier, ndlr) est une action symbolique pour ne pas oublier le sacrifice des martyrs de la démocratie, assassinés pour arracher la liberté au profit des Algériens». «De nos jours, s’il est possible de s’exprimer avec une certaine liberté d’expression, de créer des partis politiques et des associations, si des journaux peuvent rapporter des informations contraires à la propagande du pouvoir, c’est grâce au combat consenti par le peuple algérien en octobre 1988 et bien avant, durant la guerre de Libération», a t-il affirmé lors d’une déclaration lue publiquement.

De son côté, le secrétaire général du CLA, Achoud Idir, a rappelé qu’«Octobre 1988 a été le second souffle de liberté pour les Algériens, après l’acquisition de l’indépendance en 1962». «Nous devons nous unir, tous ensemble, pour préserver les acquis d’Octobre 1988. Ceux qui nous ont précédé se sont sacrifiés et ont payé de leur sang pour que nous puissions vivre libres. Nous devons lutter pour leur mémoire et pour l’idéal qu’ils recherchaient, afin de ne pas les trahir», a-t-il souhaité.

Les organisateurs du rassemblement ont par ailleurs appelé à l’abrogation de la loi sur les associations adoptée en janvier 2012. «Ce texte est anticonstitutionnel. Il prive les Algériens de leur droit le plus élémentaire, celui de s’organiser en toute liberté et sans contrainte. Le pouvoir veut, à travers cette loi, museler les activités des militants associatifs. Son but est de mette fin à toute contestation pacifique et d’étouffer les voix discordantes», estime Hakim Addad, ex-secrétaire général du RAJ. Une fois la gerbe de fleurs déposée et après lecture des déclarations devant les citoyens, le rassemblement a pris fin dans le calme et sans aucun incident.

AACC : appel contre la prédation et la corruption

L’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) lance «un appel pour que la société prenne un nouvel essor, dans toutes les régions du pays, pour freiner le pillage et la prédation des ressources du pays et pour enclencher une large dynamique de lutte contre la corruption», indique un communiqué rendu public hier. «Il y a 25 ans, le pouvoir réprimait avec une rare violence des manifestations populaires pacifiques, portées principalement par des jeunes qui aspiraient à une vie meilleure.

25 années plus tard, le changement tant espéré n’est toujours pas au rendez-vous, même si au sein de la société existe une forte volonté d’aller vers plus de démocratie, de conquérir plus de liberté et d’instaurer plus de progrès et de justice sociale», observe l’AACC. Pour l’association, «le 5 Octobre 1988 marquera à jamais l’histoire contemporaine de l’Algérie». Mohamed Taïbi, membre de l’AACC, a été chargé du suivi de l’initiative. Il met à disposition le numéro de contact suivant : 0664 70 41 51. (M. B.)

Bsikri Mehdi