«Nous commémorons le 5 octobre pour préserver cette brèche ouverte pour la démocratie»

Entretien express avec Hakim Added, secrétaire général de RAJ

«Nous commémorons le 5 octobre pour préserver cette brèche ouverte pour la démocratie»

par R.M., Le Jeune Indépendant, 5 octobre 2005

Le JI : vous commémorez chaque année la date anniversaire des événements d’octobre 88. Que signifie pour votre association cette date ?

La date du 5 octobre 88 est significative d’une nouvelle marche démocratique pour l’Algérie. C’est une ère nouvelle pour les Algériens, bien qu’elle ait été arrachée avec les souffrances et le sang de la jeunesse qui s’est battue bien avant cette date pour l’Algérie.

C’était le résultat de tous les mouvements de protestation qui ont eu lieu depuis 1962 jusqu’à 1988. Nous avons deux principales raisons pour commémorer cette date. La première, c’est rendre hommage à tous ceux qui ont mené le combat pour la démocratie jusqu’à aujourd’hui et la seconde a pour but de préserver cette brèche ouverte pour la démocratie.

Nous veillons à ce que le processus démocratique ne soit pas refermé. Notre devoir est de défendre ces acquis démocratiques, ne pas les laisser s’évaporer dans la nature, et ce, quel que soit le prix que nous payons. Chaque année, nous organisons un rassemblement à la place des Martyrs.

Quelle évaluation faites-vous aujourd’hui des acquis démocratiques ?

Les acquis ont été restreints, particulièrement depuis 1992. C’est la raison pour laquelle la mobilisation doit être plus forte et plus renforcée, notamment dans la famille démocratique.

Avec ce que nous venons de vivre en ce mois de septembre, dans le cadre de la campagne pour la charte pour la paix et la réconciliation nationale qui est bannie de tout débat démocratique, et toutes les atteintes aux libertés, nous devons nous mobiliser pour préserver les acquis d’octobre 88.

Les partis politiques, le mouvement associatif ainsi que la presse indépendante sont, tous, interpellés, car c’est de leur avenir et de leurs libertés qu’il s’agit. R. M.