«Hommage aux martyrs du 10 Octobre 1988»

Commémoration De La Fusillade de Bab El Oued

«Hommage aux martyrs du 10 Octobre 1988»

El Watan, 11 octobre 2015

Des militants se sont déplacés, hier, à Bab El Oued, pour rendre hommage aux 39 jeunes morts le 10 octobre 1988, soit cinq jours après le début des événements d’Octobre 1988.

Les événements d’Octobre 1988 resteront à jamais gravés dans la mémoire des Algériens. 27 ans après, beaucoup de ceux qui ont pris part à ce soulèvement et en sont sortis indemnes tiennent à rendre hommage aux Algériens morts pour une Algérie «libre» et «démocratique». Hier, un groupe de militants, comme chaque année, s’est rendu à Bab El Oued, plus précisément à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), afin de commémorer le douloureux drame qui a coûté la vie, le 10 octobre 1988, à 39 jeunes Algériens.

«La fusillade de Bab El Oued» du lundi 10 octobre, soit cinq jours après le déclenchement des émeutes, a visé une manifestation qui a rassemblé près de 20 000 personnes et dont le point de départ était Belcourt. Place du 1er Mai, un appel au calme et à la dispersion avait été lancé, mais les manifestants ont poursuivi leur marche.

Arrivés devant le siège de la DGSN, ils se sont retrouvés en face d’un important barrage composé de militaires, gendarmes, policiers et forces antiémeute. Une fusillade éclate. Premier bilan : 30 morts et des dizaines de blessés. A ce jour, aucune enquête n’a permis d’établir les faits et la responsabilité de ces tirs.

27 ans après, plusieurs blessés gardent les séquelles de cette fusillade ; c’est le cas de Hamou L’hadj Azouaou, président de l’Association des victimes et familles victimes d’Octobre 1988 (AVO 88). Azouaou a dû être amputé du bras gauche après avoir été touché par une balle. Hier, pour commémorer cette date, une gerbe de fleurs a été déposée au niveau du lycée Emir Abdelkader, puis une minute de silence a été observée à la mémoire des jeunes martyrs. «Chaque année, nous commémorons cette date historique pour rappeler le prix payé par nos jeunes au nom de la démocratie en Algérie.

Nous ne les oublierons jamais. Il est de notre devoir d’entretenir la mémoire pour que nul n’oublie ce qui s’est passé en Octobre 1988», explique Azouaou, regrettant, toutefois, le manque d’engouement des «démocrates, des responsables de partis politiques» et de la société civile pour commémorer et se remémorer cette date. «Seuls les policiers sont fidèles à leur poste. Chaque année, un dispositif est mis en place pour encadrer la manifestation», ironise Azouaou.

Nabila Amir