“60% des violences contre les femmes sont familiales”

Nouara Djaffer, l’a révélé hier à l’INSP

“60% des violences contre les femmes sont familiales”

Nadia Mellal, Liberté, 29 janvier 2006

Ce projet initié et exécuté par son ministère a été élaboré en collaboration avec les instances internationales, l’Unicef, le FNUAP, l’Unifem dont les représentants ont pris part à la rencontre d’hier. Expliquant la démarche de son département devant des représentants de ministères (des Affaires étrangères, de la Justice, de la Solidarité) partie prenante du projet, d’associations et d’experts, Mme Nouara Djaffer a noté qu’il s’agit, à travers cette initiative, “de tracer une stratégie nationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes de manière à renforcer les mécanismes d’intervention qui permettent de prévenir et/ou de lutter contre ces violences dans la perspective de réduire son intensité ainsi que de renforcer les mesures juridiques et institutionnelles pour préserver l’équilibre et la cohésion au sein de la famille”. Aussi, le recours à ce genre de projet résulte-t-il de la persistance des violences à l’égard des femmes et des inégalités auxquelles elles sont confrontées à tous les niveaux. “Malgré les mesures prises par les pouvoirs publics en faveur de la protection de la femme, les études ont démontré l’existence réelle de la violence surtout dans le milieu familial, et dont l’impact se répercute négativement sur les membres de la famille, en particulier les femmes et les enfants”, a expliqué la ministre. Étayant ses propos par des chiffres, Nouara Djaffer a ainsi révélé à titre d’exemple qu’une récente étude a mis en évidence que “60% des violences contre les femmes sont familiales, que la présence des femmes dans le Parlement est inférieure à 6% et qu’il n’y a que 18% qui accèdent à la vie active malgré leur dynamisme”.
Le membre du gouvernement expliquera à ce sujet utiliser l’approche “genre” dans la mise en œuvre de sa démarche : “L’utilisation de l’approche genre, même si elle est sujet à débat, nous paraît adéquate parce qu’elle nous permet de disposer de données statistiques, d’indices et d’éléments de vérification sur le terrain nous permettant de connaître l’écart entre l’homme et la femme dans tous les milieux : sociaux, professionnels, économiques et politiques”, relève-t-elle. Aussi, et tout en soulignant qu’“on pourra palper et rendre visibles à travers les chiffres les difficultés qui touchent spécifiquement les femmes”, la ministre précisera que “toutes les lois dont nous disposons, dans la Constitution, mettent les femmes et les hommes sur un pied d’égalité du point de vue de l’accès au marché du travail, de l’accès à l’enseignement par exemple, mais que dans la réalité, les femmes sont vulnérables socialement, économiquement et accèdent difficilement au travail et surtout aux postes de décision”. L’intervenante, qui annoncera que le projet de son ministère sera suivi de plusieurs étapes, notera qu’il s’agit dans les faits de “l’évaluation de l’état des lieux de la situation de la structure familiale et de la condition féminine, du renforcement des capacités des femmes et de la valorisation de leurs activités et de leurs potentialités économiques et sociales ainsi que de l’élaboration d’un plaidoyer pour les femmes”.

N. M.