«95% des femmes qui travaillent sont célibataires»

Selon une étude de l’office national des statistiques (ons)

«95% des femmes qui travaillent sont célibataires»

El Watan, 20 septembre 2011

A chaque fois qu’il y a des changements qui s’annoncent ou des mutations qui s’opèrent dans la société, la femme revient sous les feux de la rampe pour occuper les devants de la scène politique et médiatique.

En effet, à la faveur des dernières réformes, il est exigé désormais des états-majors politiques la présence de 33% du nombre de femmes sur les listes électorales, faute de quoi celles-ci seront rejetées. Cette situation remet sur le tapis le débat lancinant sur le rôle de la femme dans la société algérienne. Avec en toile de fond, sa place au sein de la population globale, sa moyenne d’âge, le niveau scolaire et d’instruction, le taux de chômage, les postes de responsabilité qu’elle occupe. Même si les statistiques officielles ne sont pas légion et se font rares, et même si le rôle de la femme dans la société s’est accru considérablement dans divers domaines et plusieurs secteurs d’activité, il n’en demeure pas moins qu’elle est loin de prétendre à l’égalité et la parité qu’on lui fait miroiter à l’occasion des conjonctures dédiées spécialement à cet effet. Quelques rapports réalisés dans ce sens confirment cette tendance.

Ainsi, l’Office national des statistiques (ONS), dans une étude réalisée en 2010, fait ressortir que durant le dernier trimestre de 2009, seulement 9,4 millions d’Algériens travaillent sur une population de 35,6 millions. Parmi ces travailleurs, 84,7% sont des hommes contre 15,3% de femmes. Quant au taux de chômage, il est de 8,6% pour les hommes et plus de 18,1% pour les femmes. Dans le secteur du textile, on recrute plus de femmes que d’hommes, elle y est fortement représentée. En revanche, le secteur du BTP est le parent pauvre dans ce domaine avec la présence d’une femme sur 54 hommes. Il est à noter par ailleurs que la catégorie des femmes actives se trouve particulièrement dans les villes, avec plus de 81% de salariées vivant en milieu urbain. La particularité de ces dernières est qu’elles sont jeunes (elles ont entre 25 et 29 ans en majorité) et sont diplômées, cependant à poste égal, la femme a un niveau d’éducation bien meilleur.

D’un autre côté, le rapport fait état que 55% des femmes qui travaillent sont célibataires, n’ayant pas d’autre choix que d’occuper un emploi pour survivre. Par ailleurs, une étude consacrée à la période 2008-2009 et réalisée par le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (Crasc) dénombre 3,2% seulement du total des femmes chefs d’entreprise.
Par ailleurs, la ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine, Nouara Saâdia Djaffar, avait déclaré, en janvier dernier, en marge d’une journée d’information sur la condition féminine en Algérie, que la femme «n’occupe que 10% des postes de responsabilité en Algérie». En 2010, le département de Mourad Medelci a procédé à la nomination de quatre femmes sur 27 «postes diplomatiques», ce qui a porté leur nombre à sept femmes diplomates. Ceci a été qualifié à l’époque de «première» dans les annales de la diplomatie algérienne, même si cette «avancée» était jugée «insuffisante».

Les organisations féministes, à l’instar de l’Union nationale des femmes algériennes (UNFA), estiment que le rôle de la femme dans le domaine politique demeure «timide». Les femmes parlementaires pour le compte de la mandature 2007 représentent à peine 6% de la composante du Conseil de la nation et 3% à l’APN.
Meziane Cheballah