Classement mondial annuel en matière d’égalité entre hommes et femmes

Classement mondial annuel en matière d’égalité entre hommes et femmes

Encore une mauvaise note pour l’Algérie classé au 108e rang !

par Aït Challal Mouloud, Le Jeune Indépendant, 10 novembre 2007

Les pays nordiques champions de l’égalité hommes-femmes, les pays arabes demeurent à la traîne. Telle est la conclusion à tirer du rapport de 2007 que dressent les experts de Davos. L’Algérie a été classé à la 108e place dans le classement mondial annuel en matière d’égalité entre hommes et femmes, publié avant-hier, par le Forum économique mondial (WEF).

Notre pays a reculé de 11 places par rapport à 2006 où l’Algérie occupait le 97e rang. Bien qu’ils soient eux aussi mal lotis, cinq pays arabes devancent l’Algérie et à leur tête le Koweït classé au 96e rang (86e en 2006). La Tunisie arrive à la 102e place (90e), suivie de la Syrie à la 103e place (non classé en 2006), la Jordanie à la 104e place (93e) et les Emirats arabes unis qui occupent le 105e rang (101e).

Le Maroc occupe le 122e rang (107e) et l’Arabie saoudite la 124e place (114e) alors que le Yémen clot le classement en occupant la 128e place (115e).Le Global Gender Gap Report 2007 a été élaboré selon une nouvelle méthodologie utilisée pour la première fois l’année dernière et comprend des profils détaillés qui fournissent des informations sur les aspects économiques, légaux et sociaux des écarts entre hommes et femmes observés dans chaque pays.

Le rapport mesure l’ampleur de ce clivage dans quatre domaines fondamentaux de l’inégalité entre les sexes : 1) la participation et les opportunités économiques : résultats sur les salaires, les niveaux de participation et l’accès à des emplois hautement qualifiés, 2) le niveau d’éducation : résultats relatifs à l’accès à l’enseignement de base et supérieur, 3) l’influence politique : résultats sur la représentation au sein des structures décisionnaires, 4) la santé et la survie : résultats relatifs à l’espérance de vie et au ratio hommes-femmes.

L’Algérie réalise son meilleur score dans ce dernier critère qui la classe la 85e place, mieux que le Danemark (96e), Israël (92e), Tunisie (94e) mais moins bien que le Maroc (84e), la Jordanie (88e), l’Arabie saoudite (60e) ou l’Egypte (83e).

Le Yémen occupe le premier rang en matière de santé et survie. La plus mauvaise note de l’Algérie a été obtenue dans le critère de la participation et les opportunités économiques, la classant au 113e rang alors que le Mali et le Ghana se classent respectivement à la 33e et la troisième place.

Les trois pays du Maghreb sont très mal classés pour ce critère puisque la Tunisie occupe le 111e rang et le Maroc la 121e place. Sur le critère du niveau d’éducation, où désormais on compte plus de 60 % de femmes étudiantes, nous occupons curieusement la 96e place.

Le Maroc arrive en 113e position et la Tunisie est classé au 88e rang. Dans le monde arabe, c’est le Qatar, 45e, qui occupe la meilleure position. Enfin sur le critère de l’influence politique c’est sans surprise que l’Algérie est classé à la 111e position très loin derrière la Tunisie (60e).

Dans le classement de 2007, les pays nordiques restent les champions de l’égalité entre hommes et femmes. L’égalité entre les sexes est toujours la meilleure en Suède, Norvège, Finlande et en Islande, indique le WEF. La France s’est hissée de la 70e place en 2006 à la 50e place cette année, grâce notamment à «une amélioration du ratio entre les taux d’activité des femmes et des hommes».

Le pays est l’un des rares à être numéro un à la fois dans le domaine de la santé et de l’éducation, selon l’étude du WEF, le club très fermé organisateur des rencontres annuelles de Davos, dans les Alpes suisses. En France, «la part des femmes parmi les travailleurs intellectuels et techniques de même que parmi les législateurs, les hauts fonctionnaires et les managers a augmenté», note le rapport.

A la 31e place, les Etats-Unis perdent six places par rapport à l’année dernière, à cause d’un creusement de l’écart hommes-femmes en termes de participation économique. En revanche, ils améliorent leurs résultats en matière d’influence politique.

Pour le WEF, égalité des sexes et bons indicateurs économiques vont de pair : «Il existe un lien entre le clivage hommes-femmes et la performance économique des pays. Notre travail montre une forte corrélation entre compétitivité et résultats en termes d’écart entre les sexes», indique l’étude.

De manière générale, le classement relève un resserrement de l’écart entre les sexes dans le monde, sauf dans le domaine de la santé où le clivage s’est creusé. Parmi les 14 variables utilisées pour calculer l’indice de chaque pays, 13 proviennent de données brutes accessibles au grand public collectées par des organisations internationales telles que l’Organisation internationale du travail (OIT), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

A. C. M.