Mme Nouara Djaâfar : «Neuf mille femmes victimes de la violence»

Amnesty International
BULLETIN D’INFORMATION 330/2005    

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d’Amnesty International – Éfai
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l’adresse suivante : http://www.efai.org

ALGÉRIE

Des femmes laissées sans protection face aux actes de violence et à la discrimination

Index AI : MDE 28/001/2005

ÉFAI

Embargo : lundi 10 janvier 2005 (05h00 TU)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Dans un rapport de trente-huit pages adressé aux Nations unies ce lundi10 janvier, Amnesty International met en évidence la passivité dugouvernement algérien face aux viols, aux coups et à la discrimination économiqueet juridique dont sont victimes les femmes de ce pays.
Le rapport décrit également les conséquences, pour les femmes,du manque de détermination du gouvernement à enquêter surles milliers de « disparitions » qui se sont produites lors du terribleconflit interne des années 90 et à traduire en justice les personnesprésumées responsables de ces actes.
« Des milliers de femmes ont été privées du droit à uneexistence normale et laissées dans l’angoisse de ne rien savoir du sortde leurs maris, de leurs fils, de leurs frères et de leurs pères », adéclaré Amnesty International.
Dans son rapport au Comité des Nations unies pour l’éliminationde la discrimination à l’égard des femmes, Amnesty Internationalmontre que les femmes ont peu de chance d’obtenir justice et réparationspour les violences dont elles ont souffert ; l’organisation souligne égalementque la législation et les pratiques actuelles continuent de refléterune certaine discrimination à l’égard des femmes et facilitentmême la violence à leur égard. L’Algérie présenterale 11 janvier au Comité des Nations unies son rapport concernant l’applicationde la Convention des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égarddes femmes.
À partir d’entretiens réalisés avec des femmes algériennesvictimes ou témoins d’actes de violence et avec toute une séried’organisations et de militants à la fois en Algérie et en dehorsd’Algérie, Amnesty International a fait un certain nombre d’observations,dont les principales sont les suivantes :
–        les dispositions discriminatoires du Code de lafamille ont favorisé la violence à l’égard des femmes, légitimé ladiscrimination en pratique et rendu particulièrement difficile pour lesfemmes de faire face aux conséquences d’atteintes aux droits humains généralisées;
–        l’absence persistante de toute enquête approfondiesur les allégations de viols et autres formes de violences sexuelles exercéescontre les femmes et l’absence de poursuites en justice pour les auteurs de cesactes ;
–        une formation insuffisante des policiers, jugeset autres responsables de l’application des lois ayant à traiter des affairesde violence sexuelle ou violence domestique ;
–        le fait qu’il n’existe virtuellement aucune structured’accueil capable de prendre en charge les femmes ayant survécu à desviolences sexuelles, en dépit du traumatisme psychologique et de la stigmatisation à laquelleelles se trouvent confrontées ;
–        La « disparition » d’un homme de lafamille a entraîné pour des milliers de femmes d’importantes difficultés économiques,auxquelles s’ajoutent des lois les empêchant pour beaucoup de toucher unepension, de retirer des économies ou d’avoir accès à lapropriété. L’existence de lois discriminatoires  comme celle établissantqu’il est du devoir légal de la femme d’obéir à son mariet donnant la prérogative au mari pour demander le divorce unilatéralementsans avoir à payer de pension ni à fournir d’hébergement à sonex-épouse.
« Le gouvernement algérien a fait preuve d’un manque de volonté politiquepour protéger les femmes de la violence.Les réserves de l’Algérievis-à-vis des dispositions de la Convention des Nations unies pour l’éliminationde la discrimination à l’égard des femmes sont un obstacle sérieux à lagarantie des droits fondamentaux des femmes et doivent être levées »,, adéclaré Amnesty International.
Un représentant d’Amnesty International sera présent à lasession du Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égarddes femmes en janvier 2005.

Pour lire le texte complet (en anglais) du rapport d’Amnesty Internationalau Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égarddes femmes, consulter le site : http://web.amnesty.org/library/index/engmde280112004

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service depresse d’Amnesty International à Londres, au +44 20 7413 5566, ou consulterle site http://www.amnesty.org