Relance de l’industrie nationale : Nécessité d’une volonté politique

Relance de l’industrie nationale : Nécessité d’une volonté politique

El Watan, 18 août 2009

Après la promulgation récente de la loi de finances complémentaire (LFC) pour 2009, le discours officiel ne cesse de ressasser sa volonté de donner du souffle au secteur industriel national à l’effet de réduire la facture des importations et de préserver les réserves de change. Néanmoins, suffit-il de le dire ou de promulguer en conséquence des lois ?

Pour le président de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA), Mohand Saïd Naït Abdelaziz, réhabiliter l’industrie nationale constitue une mesure « louable ». D’autant que l’Algérie « possède une base industrielle enviable à l’exemple des infrastructures. Ainsi, l’outil de travail existe déjà. En plus de ces moyens, nous avons du savoir-faire, des cadres de haut niveau et une main-d’œuvre qualifiée ». Cependant, poursuit-il, « l’État doit ouvrir en la circonstance un débat avec les partenaires économiques pour définir ensemble la politique à suivre dans l’espoir de relancer le secteur industriel et d’autres secteurs d’activité publics et privés confondus. Aujourd’hui, il n’est plus question de revenir à la politique de l’industrie industrialisante du passé. Et si l’Etat met à la disposition des entreprises des moyens financiers, il exige de leur part des résultats ».

Notre interlocuteur souhaite voir les pouvoirs publics « se désengager de certaines branches d’activité, comme les industries de transformation, et élaborer des cahiers des charges à transmettre aux opérateurs économiques ». Et d’ajouter : « La mise à niveau des entreprises est nécessaire. Aussi, il faut instaurer un secteur public fort. En parallèle, il y a des secteurs où nous avons besoin de partenaires étrangers pour les relancer. Par ailleurs, nous importons pour 40 milliards de dollars. La moitié de cette facture est absorbée par les importations inutiles, comme le chocolat et le poisson, au lieu de l’investir pour créer des richesses. Ce sont ces questions, entre autres, qu’il faut examiner. Ce n’est pas à coups de décrets que nous changerons notre situation économique. Nous devons nous concerter pour voir où nous allons et qu’est-ce que nous voulons. » De son côté, Amar Takjount, secrétaire général de la Fédération nationale des industries textiles, relève que le secteur en question « peut retrouver sa place sur le marché national. Tous les secteurs sont confrontés aux contraintes de la concurrence dans le monde entier. Mais ailleurs, il y a des règles de contrôle et de régulation ».

A son avis, pour relancer l’industrie textile nationale, « l’État est appelé à assumer son rôle de régulateur et de contrôleur et à écouter les opérateurs économiques. Le marché aujourd’hui est livré à lui-même. Les pouvoirs publics doivent l’assainir et y instaurer une concurrence loyale. La loi de finances complémentaire pour 2009 comporte des mesures positives, mais il est impératif de veiller à ce qu’elles soient appliquées et soutenues par d’autres dispositions. Il ne suffit pas de donner des moyens financiers aux entreprises pour les réhabiliter. Sans volonté politique, nous ne pouvons rien changer ».

Par Amnay Idir