Une déclaration d’intention pour un marché rentable: VimpelCom veut s’installer sur le long terme en Algérie

Une déclaration d’intention pour un marché rentable: VimpelCom veut s’installer sur le long terme en Algérie

par Salem Ferdi, Maghreb Emergent, 28 Février 2012

VimpelCom, propriétaire de l’opérateur Djezzy, souhaite être un acteur «de long terme» dans le secteur des télécoms en Algérie. C’est une déclaration d’intention exprimée, hier, à Barcelone, par le PDG du groupe russo-norvégien, Jo Lunder, à l’occasion du Mobile World Congress.

Et même si elle est tributaire de l’évolution des négociations sur la cession de 51% de OTA-Djezzy à l’Etat algérien, la déclaration de Jo Lunder peut être lue aussi bien comme un message d’engagement auprès des futurs partenaires algériens qu’un attachement à une entreprise dont la rentabilité ne s’est pas démentie. Même durant les dernières années qui ont été marquées par des contentieux avec le fisc et la Banque d’Algérie. Aucune information n’a filtré jusqu’à présent sur l’évolution des négociations et si elles sont sur une optique positive ou négative. La discrétion est de mise dans ce genre de tractations. Mais il est difficile de ne pas voir dans le message de Jo Lunder un vrai souhait de rester en Algérie où son groupe aura, en cas de conclusion d’un accord de cession de 51%, la charge de la gestion de l’entreprise. «L’investissement en Algérie est à l’arrêt pour le moment», a déclaré Jo Lunder, mais, a-t-il ajouté, «nous apprécions beaucoup l’Algérie et nous voulons y être un acteur sur le long terme. Nous aimons l’attractivité de ce marché». Il est clair cependant que cette présence reste tributaire d’un accord sur le prix de cession des 51%. Les nouveaux propriétaires de Djezzy ont repris, au tout début, l’estimation de la valeur de Djezzy de 7,8 milliards de dollars faite par Naguib Sawiris qui est très éloignée de celles, officieuses, des responsables algériens qui tournent autour de 3 milliards de dollars. On ne devrait pas tarder à être édifié. Le 5 février dernier, le ministre algérien des Finances, Karim Djoudi, avait indiqué que l’évaluation de Djezzy effectuée par le cabinet d’affaires Shearman and Sterling LLP-France était sur le point de se terminer. Une fois cette évaluation remise, les négociations devraient s’ouvrir sur le prix de cession des 51%. Il faut préciser que même si ce 51% correspond à la règle fixée par la loi de finances complémentaire 2009, cela ne se fait pas dans le cadre du droit de préemption mais dans une opération commerciale classique d’achat négocié. «A l’origine de la transaction, nous avons fait prévaloir le droit de préemption. Aujourd’hui, nous sommes dans une opération de rachat», a indiqué le ministre des Finances en admettant implicitement que l’argument du «droit de préemption» invoqué n’est pas vraiment fondé.

L’APAISEMENT APRES LE RETRAIT DE SAWIRIS

Le groupe VimpelCom, cinquième opérateur mondial de téléphonie mobile, a pris en mars 2011 dernier le contrôle d’OTH. VimpelCom détient 51,7% d’Orascom Télecom Holding qui est propriétaire de 96,81% des parts d’OTA, le reste étant le lot du groupe Cevital. L’entrée en lice des nouveaux propriétaires et le retrait de Naguib Sawiris ont fini par créer une situation d’apaisement qui a abouti, en décembre dernier, à un accord de principe pour la cession de 51% du capital d’Orascom Telecom Algérie. Les déclarations d’intentions sont ainsi faites. Il reste à conclure un contrat de mariage de longue durée.