La première unité hybride dans le monde à Hassi R’mel

PRODUCTION ÉLECTRIQUE À PARTIR DE L’ÉNERGIE SOLAIRE

La première unité hybride dans le monde à Hassi R’mel

L’Expression, 29 Septembre 2009

Cette centrale de captage d’énergie solaire, lancée en 2007, devra se substituer au gaz naturel à moyen et long termes.

L’Algérie oeuvre assidûment à préparer l’ère de l’«après-pétrole». En témoigne la réalisation en 2010 à Hassi R’mel, d’une unité de production électrique à partir de l’énergie solaire.
Le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, qui l’a annoncé, a indiqué que cette infrastructure, la première du genre en Algérie, sera dotée d’une capacité de 150 mégawatts.
S’exprimant dimanche lors d’une conférence de presse à l’occasion d’une visite d’inspection effectuée dans la wilaya d’Oran, le ministre a souligné que le développement et l’utilisation des technologies de l’énergie solaire s’inscrivent dans le cadre de la stratégie globale de promotion des domaines énergétiques du pays à moyen et long termes.
Cette infrastructure structurante nécessite la mobilisation d’un budget conséquent, a indiqué M. Khelil, qui, sans préciser le montant du projet, a précisé que son département devra soumettre au gouvernement cet axe de développement du secteur énergétique et ses usages dans la production de l’électricité. L’Algérie a lancé, en novembre 2007, la construction de cette centrale hybride utilisant le soleil et le gaz naturel pour produire 180 MGW d’énergie électrique dans la zone gazière de Hassi R’mel. Ce projet est le premier à l’échelle mondiale combinant turbines à gaz et énergie solaire. L’énergie solaire est destinée à terme à se substituer au gaz, avait précisé M.Khelil.
Cette stratégie montre que l’Algérie s’applique à préparer l’ère qui succèdera aux énergies fossiles que constituent le gaz et le pétrole. Pour ce faire, les décideurs s’attèlent à développer les énergies renouvelables à travers le solaire et le nucléaire. Ce développement s’opére en coopération notamment avec la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Russie, la Chine et le Brésil. Les énergies nucléaire, éolienne et solaire sont en passe de remplacer «en vert» les polluantes ressources fossiles. Aussi, cette centrale qui démarrera en 2010, pourra à terme permettre l’exportation d’une énergie «propre» vers l’Europe. Dans ce contexte ambitieux de diversification des ressources énergétiques, alliant écologie et économie, rappelons que les premiers panneaux solaires photovoltaïques «made in Algeria» viennent d’être mis sur le marché par l’Entreprise nationale des industries électroniques (Enie), basée à Sidi Bel Abbès.
Cette ville de l’ouest du pays est déjà équipée pour son éclairage public à partir de lampes photovoltaïques, également produites par l’Enie. Selon le directeur du projet Enie-Solar, Noureddine Benassi, ces nouveaux produits sont «le fruit d’un partenariat avec une firme étrangère» conclu au terme d’un protocole d’accord entériné en 2008. Les panneaux solaires actuellement commercialisés sont d’une puissance de 500 KW et seront suivis, dans deux ans, par la production d’autres dispositifs de 4 mégawatts. Les avantages écologiques et économiques des panneaux solaires photovoltaïques sont énormes.
Une action visant l’alimentation énergétique du monde rural en énergie solaire, permettrait d’endiguer, ou tout au moins, ralentir l’exode rural.
De par sa proximité, l’Algérie est en passe de devenir le fournisseur d’énergie «propre» pour l’Europe. L’Algérie pourra satisfaire la totalité des besoins de l’Europe en électricité à partir de l’énergie solaire à l’horizon 2050, a révélé une étude scientifique internationale récente sur les énergies alternatives. L’énergie solaire journalière produite dans le Sahara, le plus grand désert du monde, est estimée à un baril par km² équivalent-pétrole. L’Europe pourra se passer à l’avenir même de l’énergie nucléaire en tant que source d’électricité, écrivait il y a peu de temps, le journal britannique The Gardian, citant une étude allemande.Dans le monde, la centrale photovoltaïque de Moura (Portugal), livrée en 2008, est la plus grande avec ses 350.000 panneaux solaires installés sur 114 hectares et une capacité de production de 62 mégawatts (à comparer aux 1500 mégawatts produits par un réacteur nucléaire). Elle est six fois plus puissante que la grande centrale installée en Allemagne.
La centrale allemande «Bavaria Solarpark» compte près de 250.000 m² de panneaux pour une puissance allant jusqu’à 10 MW.
La plupart des centrales solaires mondiales opérationnelles, exploitées commercialement, sont situées dans le désert de Mojave en Californie aux Etats-Unis.

Abdelkrim AMARNI