L’UGTA et le CNES élaborent un mémorandum de 80 propositions

L’UGTA ET LE CNES ÉLABORENT UN MÉMORANDUM DE 80 PROPOSITIONS

Le document sur le bureau de Bouteflika avant l’Aïd

Le Soir d’Algérie, 31 juillet 2012

Le mémorandum conjointement préparé par l’UGTA et le CNES (Conseil économique et social) sera remis au premier magistrat du pays avant la fin de la première quinzaine du mois prochain, a-t-on appris de source sûre. Une rencontre avec la presse est prévue dans le but de vulgariser le contenu du mémorandum.
Abder Bettache – Alger (Le Soir) – L’annonce de l’initiative conjointe entre les deux parties a été rendue publique il y a quelques jours dans un communiqué commun, dans lequel il a été indiqué que «l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et le Conseil national économique et social (CNES) ont, de concert, décidé d’engager une réflexion aux fins de produire un mémorandum relatif à la politique de maîtrise des prix et la sauvegarde du pouvoir d’achat des travailleurs et des citoyens». Le document en question, fautil le rappeler, porte sur la «politique de maîtrise des prix et la sauvegarde du pouvoir d’achat des travailleurs et des citoyens». Le mémorandum est le fruit du travail d’un comité ad hoc mis en place le 6 mai dernier, lit-on dans le communiqué. Précédé par de «larges consultations» auprès d’administrations centrales, d’institutions et d’organisations de la société civile, le mémorandum comporte des propositions et recommandations à visée opérationnelle sur les court et moyen terme, ajoute-t-on. Pour rappel, le mémorandum en question fait suite à l’initiative prise par les responsables des deux organisations lors d’une rencontre tenue en avril dernier. Ces derniers étaient unanimes sur la nécessité de débattre de la question de l’augmentation des prix afin de soulager le pouvoir d’achat de la population et d’éviter ce qu’ils ont qualifié de «catastrophe ». Selon des indiscrétions, le mémorandum en question a consacré une bonne partie à la question de la régulation et du contrôle du marché. D’ailleurs, lors de son intervention, M. Babès a proposé de dresser un bilan de la situation. Il a estimé, à ce sujet, que «derrière le manque de production et les spéculateurs, qui s’enrichissent considérablement en un temps record, il est fortement probable de découvrir d’autres facteurs, failles et manquements qui facilitent ces pratiques spéculatives». «Il faut que les pouvoirs publics réinstaurent leur autorité», a-t-il martelé, estimant que «la transition de l’économie administrée vers l’économie de marché s’est faite sans logique» et que l’économie se trouve aujourd’hui entre ces «deux berges». Il a également déploré ce qu’il a appelé «l’absence de l’Etat stratège, de l’Etat puissance et de l’Etat régulateur». M. Babès a indiqué que le groupe sera élargi à d’autres acteurs, notamment du secteur économique, et que «les systèmes de gouvernance seront interpellés non pas pour faire des procès mais pour déterminer ceux qui profitent des failles». Le mémorandum d’une centaine de pages, contenant près de quatre-vingt propositions, se veut comme une feuille de route à même de permettre aux pouvoirs publics de reprendre en main la situation en tant qu’Etat régulateur.
A. B.