Soltani: «Aucun responsable n’a des biens en son nom»

SOLTANI REFUSE DE FAIRE SA DECLARATION DE PATRIMOINE ET REVELE :

«Aucun responsable n’a des biens en son nom»

Le Soir d’Algérie, 23 septembre 2006

«Je suis pour la déclaration du patrimoine à condition qu’elle soit vraie», a précisé jeudi dernier le président du MSP à l’occasion de son passage au Forum de la Chaîne II, avant d’ajouter : «Mais il faut savoir qu’aucun responsable en Algérie n’a de fortune en son nom», et encore «tous les biens des responsables algériens sont sous des noms virtuels ». Une déclaration émanant d’un ministre d’Etat et président d’un parti de la coalition présidentielle et qui semble directement adressée à son alliée du RND. Mais, qu’en est-il de sa fortune à lui ?
Ilhem B. Tir – Alger (Le Soir) – Le président du Hamas reconnaît donc que «faire sa déclaration du patrimoine» c’est se conformer à la loi et pourtant, il ne l’a pas faite, ni lui ni aucun ministre de sa formation. Cependant, la question de la déclaration de patrimoine continue à susciter de plus en plus de débats surtout après les déclarations d’Ahmed Ouyahia et de Hachemi Djiar publiées le mois d’août au Journal officiel, et ce, conformément à la loi même si ces déclarations ont été critiquées de par leurs contenus «insignifiants ». «Le peuple algérien se réjouit de savoir que les ministres sont pauvres», a commenté ironiquement Aboudjerra Soltani. Un «missile» envoyé directement à l’ex-chef du gouvernement avant de préciser : «Il faut que les déclarations soient vraies et les moyens de contrôle soient multiples pour les hauts responsables et les ministres afin que le peuple puisse évaluer leurs biens avant et après leur exercice ministériel.» «Passer d’une R4 à un avion et d’un F2 à un F 32, est plus que révélateur», a encore signifié le président du MSP qui prône depuis quelque temps la campagne anti-corruption mais qui conforte l’adage qui dit “faites ce que je dis et ne faites pas ce que je fais”. Par ailleurs, il est à rappeler que «les deux déclarations de patrimoine d’Ahmed Ouyahia et de Hachemi Djiar ont été faites en application des article 2, 3, 7 et 15 de l’ordonnance 97-04 relative à la déclaration de patrimoine. Cette ordonnance présidentielle a été promulguée par Liamine Zeroual à l’époque où Ahmed Ouyahia était son chef du gouvernement. Elle a été abrogée de fait par la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption adoptée en janvier dernier par les deux chambres du Parlement et qui est entrée en vigueur suite à sa publication au Journal officiel n°14. La déclaration de patrimoine, à laquelle doivent se soumettre les personnes exerçant un mandat électoral, les membres du gouvernement ainsi que les personnels civils et militaires exerçant au sein des institutions publiques, est la pierre angulaire de cette loi. La commission de déclaration de patrimoine qui a été instituée et présidée par le premier président de la Cour suprême est chargée de recueillir l’ensemble des déclarations de patrimoine, de vérifier les contenus et veiller à ce que ces dernières soient souscrites dans les délais impartis par la loi et de les publier au Journal officiel. Elle est également chargée d’adresser un rapport annuel au président de la République et de saisir la justice en cas de fausse déclaration. Pour rappel, les membres du gouvernement ayant transmis leurs déclarations depuis le décret de Zeroual à ce jour, se comptent sur les doigts d’une main. Il s’agit en premier du président Liamine Zeroual, Ahmed Ouyahia, Ali Benflis et Ahmed Benbitour. Il y a aussi celle du président Bouteflika lorsqu’il avait soumis sa candidature à la magistrature suprême en 2004. Le constat est accablant. Il est à rappeler aussi que la loi relative à la prévention et à la lutte contre la corruption adoptée dernièrement n’avait pas manqué de susciter une polémique suite au rejet par les groupes parlementaires du FLN et du MSP de l’article 7 qui entraîne la révocation des fonctions ou la déchéance de mandat électoral pour tout haut fonctionnaire ou élu qui n’aurait pas déposé sa déclaration de patrimoine dans les délais prévus. Sur un autre volet, le président du Mouvement de la société pour la paix a estimé jeudi également que le «terrorisme idéologique» n’existe plus en Algérie, mais, a déploré la «recrudescence des actes criminels». il a, cependant, plaidé pour le prolongement des délais d’application des dispositifs de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale et ce «jusqu’à 2009». Interrogé sur le bilan qu’il fait de l’application de la charte, adoptée le 29 septembre dernier par référendum, M. Soltani l’a jugée «acceptable», ajoutant qu’il s’attendait néanmoins «à un meilleur résultat». Cette situation s’explique, selon lui, par le fait qu’il y ait «des gens dans l’administration qui, sciemment ou non, entravent l’application de la charte».
I. T.