Ce que l’Algérie a réellement réalisé en 10 ans

Routes, chemins de fer, ports, aéroports…

Ce que l’Algérie a réellement réalisé en 10 ans

Yacine Babouche, TSA, 26 janvier 2016

Les niveaux très élevés des cours du pétrole lors des dernières années ont permis à l’Algérie d’engranger une manne financière exceptionnelle. Lors des quinze dernières années, ce sont 800 milliards de dollars de recettes acquises par l’État durant les années fastes. Régulièrement, les représentants et partisans du pouvoir avancent l’argument que cet argent a permis de réaliser des avancées considérables dans les infrastructures du pays. Les données publiées par Eurostat, organisme de statistiques de l’Union Européenne, offrent la possibilité de disposer de statistiques fiables et tangibles permettant de jauger la manière dont l’argent du pétrole a été dépensé.

Longueur du réseau routier

L’agrandissement du réseau routier en Algérie est l’un des premiers points généralement évoqués lorsqu’il s’agit de vanter le bilan des réalisations avec la manne pétrolière. En 2005, l’Algérie disposait de 109 452 kilomètres de routes sur son territoire. Sept ans plus tard, le pays disposait en 2012 de 115 952 kilomètres de routes, soit une augmentation de seulement 6% (6 500 kilomètres) du réseau routier durant cette période.

À titre de comparaison, l’Égypte a vu la longueur de son réseau routier passer de 102,894 km en 2005 à 163,070 km en 2014, tandis que le Maroc et la Tunisie ont vu la longueur de leur réseau routier stagner. Mais contrairement à l’Algérie, ces pays n’ont pas bénéficié d’une manne pétrolière conséquente.
Longueur du réseau ferroviaire

L’Algérie disposait en 2005 de 3 572 kilomètres de lignes de chemin de fer. Dix ans plus tard, l’Algérie disposait en 2014 d’un réseau ferroviaire d’une longueur de 4 440 km, soit une augmentation de 868 km ! Plus inquiétant : les données d’Eurostat relèvent que le réseau ferroviaire n’a connu aucune augmentation en Algérie entre 2010 et 2014.

Ports et aéroports

Les données d’Eurostat permettent aussi de relever l’absence de progrès notables dans les infrastructures de transport en Algérie lors des dix dernières années. Le nombre de ports en Algérie est resté le même entre 2005 et 2014, à savoir douze. Le nombre d’aéroports est quant à lui passé de 34 en 2005 à 36 en 2015, tandis que le nombre d’avions pour le transport de passagers est passé de 52 à 97 entre 2005 et 2014.

Équipement routier

Le nombre total de véhicules (excluant les remorques et motocyclettes) en Algérie est passé de 3 millions de véhicules en 2005 à 5,3 millions en 2014, selon les données d’Eurostat. Cette augmentation de 71% offre l’illustration de la fièvre des importations et de consommation qui a touché l’Algérie lors de ces dernières années.

Consommation d’énergie

Dans l’industrie, la consommation d’énergie de l’Algérie est passée de 3,7 millions de tonnes d’équivalent pétrole (TEP) en 2005 à 5,76 millions de TEP en 2014. Mais c’est dans les transports que la consommation a explosé : elle passe de 5,22 millions de TEP en 2005 à 14,32 millions de TEP en 2014, soit presque le triple ! Les données d’Eurostat reflètent donc bien l’augmentation exceptionnelle de plus de 50% de la consommation d’énergie en Algérie, à laquelle ont grandement contribué les différentes subventions accordées par l’État notamment aux carburants.

La production primaire d’énergie, qui désigne tout type d’extraction, sous une forme directement utilisable, de produits énergétiques à partir de sources naturelles, a, elle, par contre baissé de façon significative, selon les données d’Eurostat. Alors qu’elle était de 179 millions de TEP en 2005, la production primaire d’énergie est passée à 154 millions de TEP en 2014. La production primaire d’énergie peut s’agir de l’exploitation des sources naturelles (par exemple dans les mines de charbon, les champs de pétrole brut et les centrales hydrauliques) ou de la fabrication de biocarburants.