Des Qataris intéressés pas le projet Volkswagen

En attendant la concrétisation avec Renault en Algérie

Des Qataris intéressés pas le projet Volkswagen

par R. N., Le Quotidien d’Oran, 2 février 2012

Un fonds d’investissement qatari est intéressé par le projet de fabrication de véhicules en Algérie en partenariat avec le constructeur allemand Volkswagen, a déclaré hier le ministre de l’Industrie, de la PME et de la Promotion de l’investissement, Mohamed Benmeradi.

«C’est un projet qui est en train d’avancer et commence à avoir ses contours. Nous avons longuement discuté avec les responsables de Volkswagen et nous leur avons remis des documents comportant la vision de l’Algérie sur le projet», a expliqué Benmeradi à l’APS. Selon le ministre, un fonds d’investissement qatari, qui est déjà actionnaire dans le capital de Volkswagen, «pourrait prendre part à ce projet».

Concernant l’apport attendu de la sous-traitance nationale pour ce projet, Benmeradi affirme qu’il y a «quelques sous-traitants algériens, spécialisés dans la fabrication de vitres et de câbles automobiles, afin de les accompagner à se mettre à niveau et pouvoir ainsi participer aux projets de partenariat dans la filière automobile». Précisant que le taux d’intégration de la sous-traitance nationale dans les projets de partenariat sera «très faible» au démarrage des projets, «mais il va augmenter avec le temps».

Plus généralement, Mohamed Benmeradi a estimé, dans sa déclaration à l’APS, quelques heures avant l’arrivée à Alger de Jean-Pierre Raffarin, l’envoyé personnel du président français, que «l’Algérie veut que ses relations commerciales et économiques avec ses partenaires, comme la France, ne soient plus des relations basées essentiellement sur les importations et les exportations mais aussi sur l’investissement productif sur son sol».

Le ministre de l’Industrie a souligné qu’un mécanisme de coopération a été mis en place par les gouvernements algérien et français, depuis un peu plus de deux ans, «pour booster la coopération économique entre les deux pays et développer le niveau de leurs relations commerciales, qui ne doivent plus se baser uniquement sur les importations et les exportations mais aussi sur l’investissement productif commun en Algérie».

Selon les chiffres du ministre, «les statistiques relatives au commerce extérieur montrent l’importance du volume des échanges commerciaux entre les deux pays en 2011, année où il avait dépassé 13 milliards de dollars», rappelant que la France est actuellement le premier client de l’Algérie et son quatrième fournisseur.

A propos de la visite de Raffarin, elle vise, selon Benmeradi, à passer en revue et à évaluer les projets de coopération ciblés par le mécanisme de coopération bilatérale. «Je n’aime pas qu’on limite le mécanisme de coopération algéro-français à neuf ou dix dossiers seulement, car il vise à développer dans leur globalité les relations commerciales et économiques entre les deux pays à moyen et long termes», a-t-il confié à l’APS.

Au démarrage, le mécanisme a permis aux deux parties d’examiner un certain nombre de dossiers qui «paraissaient être quelque peu entravés» et «dont un bon nombre ont été d’ores et déjà traités et les projets inhérents ont été ou sont en voie de concrétisation», explique le ministre de l’Industrie. Parmi les projets concrétisés, il cite «celui de Sanofi-Aventis (industrie pharmaceutique), Saint-Gobain (fabrication du verre) et d’Axa (assurances)». D’autres dossiers, comme la réalisation d’une usine de vapocraquage à Arzew (Oran), annoncée il y a quelques années, dans le cadre d’un partenariat entre la compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach et le groupe français Total, et celui de l’usine de fabrication de voitures en association avec le constructeur français Renault, nécessitent une «plus longue maturation», ajoute Benmeradi.

Concernant le projet de l’usine de voitures, «nous sommes déjà à la phase de la signature d’un protocole d’accord avec Renault. C’est pour vous dire que nous sommes très près de la concrétisation du projet», explique Benmeradi. «Une fois que cet accord sera paraphé, nous procéderons à la signature d’un pacte des actionnaires qui donnera le feu vert au lancement du projet».

Quant à la date de sortie d’usine du premier véhicule Renault fabriqué en Algérie, le ministre estime que «d’après les configurations techniques du projet, nous pouvons espérer voir sortir les premiers produits 12 mois après la signature de l’accord. Alors, si cet accord est signé dans six mois, les premiers véhicules sortiront vers la mi-2013».

Il a indiqué qu’une délégation de Renault effectue depuis quelques jours une visite en Algérie et qu’elle s’est déplacée au site dédié à la réalisation de la future usine, à Bellara (Jijel). «Nous sommes tranquilles, car c’est un dossier qui avance. Nous ne sommes ni trop optimistes ni trop pessimistes. Le gouvernement a décidé de réaliser un projet d’usine de fabrication de véhicules et nous le ferons avec Renault ou avec un autre partenaire», a-t-il souligné.

A propos du projet de l’usine de vapocraquage d’éthane d’Arzew, le ministre de l’Industrie a indiqué qu’il «avance bien et les négociations sur la rentabilité économique du projet seront bientôt engagées entre les deux parties (Sonatrach et Total)». «La temporisation des négociations du projet est due à la décision de l’Algérie d’évaluer et d’identifier les potentialités d’éthane nécessaires à la pérennité et à la rentabilité de cette future usine», a-t-il ajouté. Les évaluations menées par Sonatrach sur la faisabilité d’acheminer du méthane à partir des gisements gaziers de Hassi R’mel étant finalisées, les négociations sur la rentabilité économique de l’usine devraient donc démarrer.