Les professionnels du livre écrivent à Bouteflika

Les professionnels du livre écrivent à Bouteflika

par M. M., Le Quotidien d’Oran, 16 septembre 2009

Dans une lettre ouverte adressée à Bouteflika, les éditeurs et importateurs du livre, regroupés au sein du Syndicat national des éditeurs de livre (SNEL) et du Syndicat des professionnels du livre (SPL), sollicitent l’intervention du premier magistrat du pays pour trouver une solution au problème induit par la loi de finances complémentaire 2009 dans son article 69 qui impose le crédit documentaire comme unique mode de payement des importations.

Les éditeurs et professionnels du livre se disent étonnés «d’apprendre qu’il nous était dorénavant interdit de recourir au crédit fournisseur et que nous devions régler au comptant la valeur de nos importations». Selon eux, ces dispositions «ne serviront que les intérêts des éditeurs étrangers et annihilent tous les efforts déployés durant plusieurs années afin d’obtenir leur confiance».

«En fait, il s’agit, pour nous, de préfinancer nos partenaires, d’autant que nos banques ont exigé de nous l’apport de la totalité des fonds», lit-on dans la lettre ouverte. Sans compter que ces nouvelles dispositions vont entraîner des «retards considérables» qui vont «hypothéquer très sérieusement la rentrée universitaire et le bon fonctionnement du 14e Salon international du livre d’Alger (Sila)» prévu le 27 octobre prochain.

Les rédacteurs de la lettre ouverte souhaitent une intervention du président de la République pour que soit trouvée une solution, d’autant que, comme il est précisé, le montant des importations des livres «ne représente que 30 millions de dollars, soit 0,075% du montant global des importations de l’année 2008».

Les éditeurs et importateurs du livre estiment aussi que l’édition nationale est elle aussi menacée autant que l’importation puisque «le papier et l’encre sont soumis à la même réglementation». Ce qui induira, selon eux, une forte pénurie du livre qui sera nécessairement accompagnée par une hausse des prix.

«Nous osons croire, monsieur le Président de la République, que tout le soutien que vous avez apporté depuis votre investiture, au développement de la production et de la diffusion du livre, ne puisse être effacé par des dispositions d’une loi qui n’a pas tenu compte de la spécificité de notre secteur».