Négociations sur le démantèlement tarifaire jeudi: Alger attend les réponses de l’UE

Négociations sur le démantèlement tarifaire jeudi: Alger attend les réponses de l’UE

par Djamel B., Le Quotidien d’Oran, 14 février 2012

Les négociations entre l’Algérie et l’Union européenne sur le démantèlement tarifaire reprendront ce jeudi 16 février. Jusqu’ici, le processus butait sur le volet industriel. L’Algérie, qui avait étayé ses appréhensions quant à l’impact du démantèlement des tarifs douaniers concernant les produits industriels importés de la Communauté européenne sur l’industrie algérienne, attend les réponses de l’UE à ses propositions. Et tout dépendra de ces réponses. Initialement, l’accord prévoyait, sur la base d’un échéancier, une exemption totale des droits et taxes d’effets équivalents à partir de la date de sa mise en œuvre, à savoir le 1er septembre 2005. Les produits concernés sont également exonérés de toutes les restrictions quantitatives ou mesures d’effet équivalent. Ce démantèlement progressif devrait suivre son cours jusqu’à l’élimination totale des taxes et droits de douanes, au bout de cinq ans, à partir de la deuxième année de l’entrée en vigueur de l’accord.

Avant ce round, les négociations entre les deux parties ont permis la conclusion de plusieurs accords sur les produits agricoles, mais avaient buté sur la liste des produits industriels que l’Algérie veut exclure du démantèlement tarifaire, notamment les filières de la sidérurgie, l’électronique, le textile, etc. L’Algérie avait indiqué que ses entreprises n’étaient pas encore prêtes à la concurrence et de ce fait avaient besoin de plus de temps. Pour ce faire, l’Algérie avait demandé, en 2010, une révision du calendrier du démantèlement initialement prévu par l’accord. Cette demande portait essentiellement sur le report, à 2020, du démantèlement tarifaire, au lieu de 2017, ainsi que la révision des dates butoirs du démantèlement tarifaire progressif et final. L’Algérie s’est basée sur une clause prévue dans l’accord et autorisant, notamment, la possibilité de revoir le calendrier de levée des barrières douanières dans le cas où l’industrie d’un des partenaires de l’accord se trouve impactée par des échanges commerciaux déséquilibrés. Dans l’une de ses déclarations, l’ambassadrice de l’UE en Algérie avait souligné la logique de la démarche algérienne, du fait que 60 % de son commerce extérieur s’effectuent avec les pays de l’UE et que les pertes induites par le démantèlement tarifaire sont estimées à près de 2 milliards de dollars par an.

Il y a lieu de souligner que l’Algérie et l’UE avaient convenu de tenir, le même jour, des discussions informelles en vue d’un accord bilatéral devant faciliter l’accession de l’Algérie à l’OMC. Les négociations sur cet accord bilatéral sont bloquées depuis 2008 et devraient reprendre à l’occasion de ces discussions informelles.

A titre indicatif, les recettes douanières de l’Algérie ont atteint 578,64 milliards de DA (mds DA) en 2011, contre 492 mds de DA durant 2010, en hausse de 17,49%. Selon la direction générale de la douane, l’amélioration des recettes douanières, entamée dès 2010 et poursuivie en 2011, a été réalisée grâce au dispositif de contrôle mis en place par l’administration douanière et aux efforts consentis dans le traitement efficace des marchandises, ainsi qu’au résultat du gel du démantèlement tarifaire de l’Accord d’association de l’UE et de la grande Zone arabe de libre-échange, selon une source à la DGD.