25.000 entreprises meurent chaque année en Algérie

25.000 entreprises meurent chaque année en Algérie (responsable au conseil de la PME)

Aïssa Bouziane, Maghreb Emergent, 26 mai 2014

Moins de 5% des entreprises meurent chaque année en Algérie, selon M. Salah Belloucif, responsable au Conseil de la PME, pour qui ce chiffre n’est pas inquiétant. Ce qui l’est selon lui, c’est la croissance insuffisante du nombre global d’entreprises, les créations d’entreprises nouvelles étant encore limitées.

25.000 entreprises meurent chaque année en Algérie. Selon M. Salah Belloucif, président de la Commission du partenariat et de la promotion des exportations au Conseil national de la PME. Ce chiffre est élevé mais il n’est pas spécialement inquiétant en lui-même car il s’agirait d’un mouvement normal dans le cycle économique.

Il s’agit de moins de 5% des entreprises, ce qui constitue un chiffre supportable pour les 640.000 PME qui existent en Algérie, a déclaré M. Belloucif au cours d’une émission de radio. De plus, a t-il indiqué, il y a dans le lot les entreprises qui changent d’activité, qui se redéployent ou changent de statut juridique. En revanche, ce qui est inquiétant selon lui, c’est la croissance insuffisante du nombre global d’entreprises, les créations d’entreprises nouvelles étant encore limitées.

« Tout doit être fait pour que la PME devienne la locomotive de l’économie algérienne », a affirmé M. Belloucif, parlant notamment d’une révision prochaine de la loi de 2001 sur la PME qui doit, a-t-il préconisé, être « actualisée » ou « adaptée ». Ce projet figure dans la feuille de route du nouveau gouvernement de M. Abdelmalek Sellal, a-t-il rappelé.

Aider les entreprises à grandir

Pour M. Belloucif, le gouvernement doit créer une dynamique nouvelle pour aider les entreprises à prendre de l’envergure. En réalité, a t-il dit, 94% de ces PME sont en fait de petites entreprises employant moins de 10 personnes. Les pouvoirs publics doivent les aider à s’agrandir, pour créer un véritable tissu industriel : « Depuis l’adoption de la loi de 2001, l’économie a subi des bouleversements, et notre expérience pousse au changement, pour mettre en place de nouveaux mécanismes en vue d’augmenter les capacités de concurrence des entreprises et améliorer leur management ».

Il a proposé de nouveaux objectifs, pour que « 30 à 50% des entreprises passent à un statut plus élevé », les petites entreprises, de moins de dix salariés, devenant des entreprises moyennes, et celles qui ont plus de volume devant prendre plus d’envergure. La taille des entreprises constitue, selon lui, un sérieux handicap, à l’origine de l’échec de la loi de 2001. Celle-ci avait notamment fixé deux objectifs qui n’ont pas été atteints, « favoriser la sous-traitance » et « densifier le tissu industriel ».

« Consensus sur la démarche pour promouvoir la PME »

Le gouvernement doit aussi prendre des mesures qui créent « un véritable engouement », a déclaré M. Belloucif, qui a appelé à éviter la précipitation. « On ne va pas tout faire en une semaine ou un mois. Il faut agir de manière graduelle, s’armer de patience », et les différents partenaires « doivent faire preuve de compréhension », a t-il dit, notamment pour régler l’épineux problème du foncier industriel.

responsable au Conseil de la PME a aussi affirmé qu’il y a consensus sur la démarche à suivre. « Nous ne sommes pas en négociation pour arriver à un accord, nous sommes déjà parvenus à un accord, il s’agit de le concrétiser », a t-il dit, soulignant que « chaque partenaire doit remplir ses engagements ».