Mise à niveau des entreprises

MISE A NIVEAU DES ENTREPRISES

«Pêcher plutôt que d’avoir le poisson»

Le Quotidien d’Oran, 26 juin 2005

La mise à niveau des entreprises est devenue, pour ces dernières, une condition sine qua non pour survivre. Elles sont près de 500 entreprises à avoir bénéficié de cette opération, dans le cadre du programme d’appui aux PME/PMI, financé conjointement par la Commission européenne et le ministère de la PME et de l’Artisanat. Ces entreprises qui fonctionnaient au début sans stratégie managériale, ont pu retrouver une nouvelle dynamique grâce au programme d’appui aux PME. «Une mission qui n’était pas facile, au début», explique le directeur de l’Euro Développement PME, M. Olivier De Velp, lors de la présentation, hier, des résultats du programme MEDA, en présence du ministre de la PME, en visite à Oran. Car, ajoute-t-il, «personne n’a voulu faire un effort. Il y a eu une résistance au changement de la part des entrepreneurs. Les chefs d’entreprises trouvaient leur situation confortable et ne voulaient pas changer leur comportement alors qu’il était indispensable pour eux de se lancer dans le processus de mise à niveau. 600 PME ont été contactées. 75% d’entre elles sont rentrées dans la mise à niveau. Mais une fois l’opération lancée au niveau de certaines PME, il y a eu «le bouche à oreille» pour informer les autres entreprises». En présentant les résultats du programme, M. Olivier de Velp a indiqué qu’en deux ans et huit mois d’activité, plus de 1.186 opérations ont été lancées à travers le pays dont 1.021 opérations au profit direct des PME/PMI, 89 opérations d’appui aux nouveaux instruments financiers et aux entreprises en quête de financements et 76 opérations d’appui à l’environnement des PME.

Profitant de sa présence à Oran, le directeur de l’EDPME a lancé un appel à tous les entrepreneurs de la région ouest pour adhérer au programme et se lancer dans le processus de mise à niveau. «L’accès à ce programme est facile. Il n’y a pas de formulaire à remplir, ni de commission pour étudier le dossier. Restent les délais qui sont longs du fait que nous avons perdu nos fournisseurs d’expertise. Les contrats ont expiré au mois de février. Nous allons avoir un nouveau fournisseur d’expertise exclusif pour l’Algérie au mois de septembre prochain. L’avis d’appel d’offres a été lancé. Les délais seront donc réduits».

Le ministre de la PME/PMI, M. Mustapha Benbada qui a assisté à cette journée, en compagnie d’une représentante de l’ambassade de l’Union européenne, a annoncé qu’en plus des programmes de coopération, un programme national de mise à niveau d’un milliard de dinars par an, a été élaboré par le ministère sur une période de six années. Ce programme sera confié à l’Agence nationale de développement de la PME, créée en mai dernier et qui est en phase de démarrage. En plus, le programme complémentaire de soutien à la croissance 2005/2009 a doté le secteur de la PME et de l’artisanat d’une enveloppe budgétaire de 4 milliards de dinars, destinée à la réalisation de pépinières d’entreprises, de maisons de l’artisanat et au fonctionnement de l’Agence nationale de développement de la PME. Rappelant que le programme d’appui aux PME s’achève en 2006, le ministre a annoncé, lors de la conférence de presse qu’il a animée, que des discussions sont en cours avec l’Union européenne pour l’insertion d’un programme supplémentaire destiné à la modernisation des entreprises. Il est prévu également un nouveau projet de coopération avec les Allemands, destiné aux organisations patronales, considérées comme un partenaire important. «Le fonds de garantie à l’investissement sera opérationnel à partir du mois de juillet. Le démantèlement tarifaire pour les produits semi-finis et la matière première est prévu pour le courant du même mois», confirme le ministre.

Cette rencontre s’est poursuivie ensuite par un débat animé après la présentation par des chefs d’entreprises de leur expérience dans le cadre du programme MEDA. Bien que satisfaits de cette initiative, les gérants des PME ont exprimé, devant le directeur de la EDPME, leur besoin d’acquérir un savoir-faire qui les aidera à développer plus leurs entreprises. «Nous voulons apprendre à pêcher plutôt que d’avoir le poisson. Nous voulons contribuer à la recherche de partenariat», a lancé un chef d’entreprise qui a bénéficié du programme MEDA. Un autre a proposé que la mise à niveau soit accompagnée d’un plan de formation pour les managers et pilotes.

En marge de cette rencontre, la représentante de l’ambassade de l’Union européenne, interrogée sur le programme MEDA destiné à la presse, a souligné que «ce programme sera relancé bientôt. Un accord a été conclu avec un partenaire neutre. Dans ce cadre une conférence de presse sera organisée, au début du mois de juillet, par l’ambassadeur de l’Union européenne pour présenter tout le contenu de cet accord».

B. Mokhtaria