60% des bénéficiaires de microcrédits sont des femmes

60% des bénéficiaires de microcrédits sont des femmes

Farouk Djouadi, Maghreb Emergent, 10 Mai 2011

Le Forum du quotidien El Moudjahid a donné la parole aujourd’hui à ceux qui sont au cœur du dispositif de création de l’emploi : les représentants de la CNAC, ANSEJ et ANGEM. L’occasion pour le directeur de la Cnac d’apporter un démenti sur le véritable «taux de mortalité» des entreprises, dont le nombre ne dépasse pas, selon lui, 450 entreprises. Un chiffre très éloigné de ceux que le ministère de l’Industrie a rendu publics.

Invité au forum d’El Moudjahid ce matin, le directeur général de la Caisse nationale d’assurance chômage s’est voulu très clair à propos du véritable «taux de mortalité» des entreprises : «Ceux qui parlent de 20 %, voire 30 % de taux de mortalité des PME font dans la spéculation», a-t-il déclaré, seules 450 entreprises ont, selon lui, disparu sur les 22 000 PME créées depuis le lancement effectif de la CNAC en 2005.

Autre chiffre intéressant donné par Ahmed Chawki Taleb est celui concernant les projets financés dans le secteur des transports qui se taillent la part du lion avec 70%. Cela est dû, a-t-il expliqué, au fait que «les autorités locales ne s’impliquent pas dans la définition des besoins de chaque région». La CNAC vient également d’introduire une nouvelle formule, a-t-on également appris, le «Prêt non rémunéré» (PNR) pour l’achat de véhicules-ateliers, une formule destinée à ceux qui exercent des «métiers manuels» tels que les plombiers, électriciens, vitriers.

Autre invité du forum d’aujourd’hui, le directeur de l’ANSEJ, Mourad Zemali, a semblé, lui, préférer ne pas rendre publics de chiffres. Lorsque l’assistance lui a demandé pourquoi, il a expliqué qu’il ne pouvait pas communiquer de chiffres encore car l’agence qu’il dirige est «en train d’établir ses bilans». Il a pu tout de même informer le parterre de participants au forum que plus de 60 000 dossiers ont été déposés au niveau des guichets de l’ANSEJ depuis l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions qui ont été annoncées à l’issue du Conseil des ministres du 22 février dernier. Ces dispositions, a-t-il rappelé, ramènent le taux de l’apport personnel des jeunes promoteurs à 2 % pour les crédits allant de 2 à 10 millions de dinars et à 1 % pour les crédits inferieurs à 2 millions de dinars.

212 000 microcrédits accordés depuis 2004

De son côté, le troisième invité d’El Moudjahid, Mourad Oubbad, chargé de la communication de l’Agence nationale de gestion du microcrédit, a affirmé que depuis sa création en 2004, l’ANGEM a accordé plus de 212 000 microcrédits qui ont permis la création de 316 000 postes d’emplois. Il a précisé que les femmes représentent 60 % des bénéficiaires des microcrédits accordés par l’Angem.

Nonobstant tous ces chiffres, si les dispositifs de création de l’emploi ont réussi à remplir leur «objectif politique qui consiste à apaiser le front social, ils n’ont pas atteint leur objectif économique» a fait remarquer lors des débats le consultant en management Idriss Allaoui. Selon lui, la majorité des PME créées ne répondent pas aux besoins de l’économie nationale et sont, dans beaucoup de cas, incapables de survivre. Les dispositifs en question, a-t-il encore ajouté, manquent de ressources humaines qualifiées pour accompagner les jeunes promoteurs. Il a souligné par exemple que la quasi-totalité des accompagnateurs de la Cnac, de l’Ansej ou de l’Angem «ne savent pas ce qu’est un business plan ou le coaching». Idriss Allaoui qui a décidé de contredire l’annonce faite par le directeur de la Cnac, a conclu son intervention en affirmant que ces carences sont à «l’origine du taux important de mortalité des entreprises en Algérie». Le chiffre de 450 entreprises qui ont cessé leurs activités depuis 2005 donné par le directeur de la Cnac sont en effet contredits par ceux communiqués par le ministère de l’Industrie, dont le directeur général du département PME a récemment affirmé à la presse qu’«entre 2000 et 2010, le nombre de PME qui ont cessé leurs activités s’élève à 7900 PME».