Les producteurs crient au scandale

Fabrication de médicaments

Les producteurs crient au scandale

El Watan, 9 mai 2011

Les producteurs parlent de mesures discriminatoires, puisque des programmes de conditionnement ont été délivrés à des conditionneurs qui ne produisent pas encore.

Des producteurs privés de médicaments dénoncent les blocages par le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière qui tarde à signer les autorisations d’importation du vrac et des produits finis pour les importateurs.
Certains considèrent que les responsables du ministère de la Santé n’ont pas trouvé mieux pour faire payer à certains opérateurs adhérents de l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie leur franc-parler.

«C’est une punition qu’on nous inflige pour avoir fait des déclarations à la presse sur les ruptures de médicaments et avoir donné notre point de vue sur la gestion du marché du médicament. C’est aussi le fait d’avoir saisi le président de la République sur la question», nous a confié M. Ziad, le président de l’UNOP et directeur général de l’entreprise Soprophal avant de relever que d’autres producteurs ou conditionneurs, qui n’ont pas investi, comme le stipule la loi, ont bel et bien reçu leur programmes d’importation pour le vrac. «Je suis le seul à qui on a demandé un acte notarié établi avec mon fournisseur, signifiant un engagement à fabriquer des médicaments en Algérie. Mon dossier pour le programme d’importation du vrac pour 2011 a été déposé depuis le mois de juillet 2010.

Depuis cette date, personne ne m’a rien demandé. Mes employés sont au chômage technique depuis de 1er mars dernier », une situation inédite qui montre bien que «c’est pour nous faire payer», regrette-t-il. Le président, le vice-président ainsi que le secrétaire général de l’UNOP, poursuit-il, subissent le même traitement malgré toutes les démarches réglementaires (demande d’audience, lettre au ministre et au directeur de la pharmacie) entreprises jusque-là. Les producteurs parlent de mesures discriminatoires, puisque des programmes de conditionnement ont été délivrés à des conditionneurs n’étant pas encore passés à la production et eux se voient toujours bloqués sans aucune explication de la tutelle. Plus grave, des importateurs purs en totale infraction avec le cahier des charges de 2008, qui les obligeait à investir dans les deux ans, se sont vu délivrer l’intégralité de leurs programmes d’importation de produits.

Comment peut-on expliquer cet état de fait s’interroge Nabil Melah, secrétaire général de l’UNOP et directeur du laboratoire Merinal. Le cas de son client importateur pour lequel il assure le conditionnement est édifiant. «Je ne comprends pas pourquoi le ministère ne me délivre pas mon programme pour le vrac, alors que je dispose d’une usine de fabrication qui couvre une partie du marché national et exporte ses produits ?», s’interroge-t-il, avant de dire clairement qu’«il s’agit bien de représailles». Dans une lettre adressée hier au ministère de la Santé, le directeur de Merinal a réitéré sa demande de signature de ses programmes. Comment peut-on aspirer à atteindre le taux des 70% de la production nationale de médicaments d’ici à 2014 tout en affaiblissant un tissu industriel, en privilégiant l’importation à la production, composé principalement de jeunes entreprises.

Djamila Kourta