Pénurie de certains médicaments : «c’est une crise voulue»

Pénurie de certains médicaments : «c’est une crise voulue»

El Watan, 23 août 2015

Il n’y a pas de pénurie de certains médicaments en Algérie, la crise est voulue», a déclaré le ministre de la Santé, de la Réforme hospitalière et de la Population, en marge de la visite du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, jeudi dernier à Constantine.

Abdelmalek Boudiaf a préféré usé du vocable «perturbation» dans la distribution alors que depuis plusieurs mois, les professionnels alertent sur la rupture de stocks de plusieurs médicaments. Il s’agit de 200 à 300 marques dont Sintrom, Glucoboy, Naxolin… relatifs au traitement des pathologies du type cardiologie, diabétologie, urologie, entre autres.

L’Algérie, qui importe 70% de sa facture, serait ainsi aux prises avec un simple problème d’approvisionnement. C’est du moins la réponse fournie par le ministre de tutelle qui persiste et signe.

Pour M. Boudiaf, l’Algérie subit les retombées d’un marché mondial qui a connu des soubresauts en matière de production de médicaments : «Certaines marques de médicaments sont anciennes et ne sont ni produites ni commercialisées actuellement à travers le monde.» D’où les répercussions sur les pays importateurs, dont l’Algérie. Le ministre a martelé que «cette crise du médicament est voulue».

Pour preuve, le médicament Sintrom (traitement des maladies cardiaques) qui est on ne peut disponible dans les officines. «Nous avons importé 55 000 boîtes en juin et 88 000 en juillet», a argué le ministre. Le ministère de la Santé a de tout temps servi le même discours, au moment où la pénurie était au plus fort. Les grossistes sont pointés du doigt comme étant responsables de cette situation et accusés de faire dans la «rétention de médicaments».

Concernant sa politique visant à mettre fin à l’incurie dans son secteur, M. Boudiaf est revenu sur les opérations d’inspection des structures publiques et privées qui se poursuivent à travers le territoire national.

Rien que pour le mois de juillet dernier, sept cliniques privées ont été frappées d’une décision de fermeture à travers plusieurs wilayas, conséquence des rapports établis par les agents chargés d’une large opération d’inspection pour le compte du ministère de la Santé.

A Alger, la décision de fermeture a concerné 20 établissements privés.

Ces sanctions interviennent pour rappeler aux concernés la notion «de la prise en charge médicale». Toute réouverture est soumise à un préalable : «Si l’établissement objet de fermeture parvient à surmonter toutes les réserves émises, il pourra saisir la direction de la santé ou la tutelle pour une demande de réouverture», a précisé M. Boudiaf. Et d’avertir qu’une fois le nouveau cahier des charges établi, «les cliniques privées n’auront plus droit
à l’erreur».
Naïma Djekhar