Les Marseillais veulent plaider la cause de leur port à Alger

Loi de finances complémentaire

Les Marseillais veulent plaider la cause de leur port à Alger

par Djamel Belaïfa, Le Quotidien d’Oran, 23 septembre 2009

Les autorités marseillaises semblent très inquiètes des retombées des dernières mesures concernant l’importation prises par Alger sur le port de la cité phocéenne. Cela explique la décision de la mairie de Marseille d’envoyer un «émissaire» à Alger le mois prochain pour évoquer ce problème avec les autorités algériennes. Selon l’AFP, c’est le premier adjoint à la mairie de Marseille, Roland Blum, qui effectuera le déplacement à Alger le 20 octobre prochain.

S’exprimant lors d’une conférence de presse, lundi, M. Blum a annoncé qu’il souhaitait rencontrer le gouvernement algérien, voyant dans les nouvelles mesures prises par Alger pour freiner les importations «un sujet de forte inquiétude» pour le port Marseille. «C’est un sujet de forte inquiétude, la loi de finances algérienne étant assez inquiétante et pouvant avoir des répercussions importantes sur le trafic portuaire», a expliqué M. Blum lors de ce point de presse. M. Blum a indiqué qu’il se rendra en Algérie les 20 et 21 octobre et compte demander audience au gouvernement algérien afin d’évoquer ce «problème». «On ne peut pas, avec un pays avec lequel nous avons des relations aussi importantes, être dans une attitude de repli, nous avons besoin de relations d’ouverture», a affirmé M. Blum.

Selon l’AFP qui cite l’Union maritime et fluviale (UMF), le trafic de marchandises du port de Marseille vers l’Algérie serait fortement «pénalisé» depuis début août, un porte-parole de l’organisation patronale française évoquant la disparition des «quatre cinquièmes du trafic». Selon les dernières statistiques (mi-septembre 2009), sur les huit premiers mois de l’année, le trafic du grand port maritime de Marseille n’a atteint que 55,69 millions de tonnes, soit une baisse de 13% par rapport à la même période de 2008. Pour le seul mois d’août, la décrue a été de 16%, avec 6,7 millions de tonnes traitées. Le grand port de Marseille enregistre néanmoins de bonnes nouvelles. Les marchandises diverses se sont stabilisées. «Toutefois, le marasme de l’activité des bassins de Marseille (-40% en août), dû à la fois au durcissement des formalités douanières de l’Algérie et à la baisse des échanges intra-méditerranéens, pénalise l’ensemble du segment», explique le port.

Du côté de l’activité passagers, l’arrivée des paquebots géants de «MSC» et «Costa» profite aux croisières, qui ont enregistré une hausse de plus de 20% le mois dernier. Août n’a, par contre, pas été très favorable aux lignes régulières, qui affichent un ralentissement de 2,8%, sensible surtout pour la destination Algérie. En cumul annuel, Marseille a vu transiter 1,511 million de passagers depuis janvier (+2%), dont 432.000 en août (+1%).

Selon les chiffres disponibles, l’Algérie est le deuxième client après la Chine du port autonome de Marseille avec un trafic de 8 millions de tonnes et il est évident qu’une diminution du volume des importations ne peut qu’avoir un impact négatif sur le trafic portuaire de la cité phocéenne. Cela explique d’ailleurs la volonté affichée par les autorités marseillaises d’évoquer ce problème avec les plus hautes autorités de l’Etat. Les Marseillais qui ont déjà vécu un antécédent, sont conscients des retombées néfastes que peut engendrer une telle situation sur leur port, point névralgique de l’économie de toute la région. Il y a quatre ans, la décision prise par les autorités algériennes d’interdire l’importation des véhicules d’occasion de moins de trois ans avait entraîné la fin de tout un segment de l’activité du port de Marseille. L’activité qui concernait quelque 70.000 véhicules par an s’est répercutée négativement à la fois sur les revendeurs de véhicules d’occasion, les transporteurs et l’activité du port de Marseille.