Tunisiens, Marocains et Chinois bien installés sur le marché algérien

Commerce

Tunisiens, Marocains et Chinois bien installés sur le marché algérien

par Mahrez Ilias, Le Quotidien d’Oran, 29 août 2009

Les Tunisiens et les Marocains seraient bien installés dans le commerce en Algérie, selon les derniers chiffres du Centre national du registre du commerce (CNRC) pour le premier semestre 2009.

Le bilan du CNRC montre pour cette période une prépondérance des Tunisiens et des Marocains dans les activités commerciales, principalement dans le commerce de détail, et certaines activités spécifiques notamment en ce qui concerne la pâtisserie orientale, chasse gardée depuis toujours des Tunisiens.

Selon le CNRC, le nombre des commerçants étrangers exerçant en Algérie est passé de 6.454 à la fin 2008 à 7.108 au 30 juin 2009, dont 1.651 personnes physiques et 5.475 personnes morales, soit une hausse de 10,13 %. Ainsi, le nombre de commerçants tunisiens est de 554 inscrits au CRNC, soit 33,56 % de la totalité des commerçants étrangers. Les Marocains, qui résident en grand nombre à l’ouest du pays, occupent la deuxième place avec 431 commerçants (26,11 %), suivis par les Syriens (231), les Egyptiens (109), les Palestiniens (77) et, enfin, les Français (29).

Les Chinois, qui ont fait leur entrée sur la pointe des pieds sur le marché algérien de la confection et de la chaussure, sont au nombre de 101 personnes physiques. Pour les personnes morales, les nationalités des gérants étrangers des sociétés les plus nombreuses sont française avec 1.060 personnes, soit 19,42 % du total, syrienne avec 670 personnes (12,28 %) et chinoise 591 (soit 10,83 %).

Par ailleurs, le nombre de commerçants durant la même période a augmenté de 8,8 %, soit 160.935 inscriptions au registre du commerce durant le premier semestre 2009. Ces inscriptions sont réparties sur 90.755 immatriculations ou créations de nouvelles entreprises et 31.681 modifications pour diverses raisons opérées, essentiellement, par des personnes physiques. Par contre, le dépôt de bilan, la fermeture de commerce et d’entreprises ou la cessation d’activité est également importante pour la même période avec 38.489 radiations ou cessations d’activités. Globalement, les commerçants en Algérie sont au nombre de 1,306 million d’inscrits, dont 1,118 million de personnes physiques (91 %) et 117.549 personnes morales (7 %), soit 92.450 commerçants de plus par rapport à la période par rapport à 2008 (+7,61 %).

Le secteur des services vient en première position avec 29.657 commerçants, suivi par le commerce du détail (19.469 inscriptions) et la production industrielle, le BTPH et les activités artisanales (13.465). Le commerce du détail se taille, par ailleurs, la part du lion avec 48 %, 32,6 % des personnes physiques dans les services, 14,3 % dans la production industrielle et le BTPH, 4 % pour le commerce de gros et 0,5 % pour la production artisanale. Quant aux personnes morales, 31 % des inscrits opèrent dans les services, 30,9 % dans la production industrielle et le BTPH, 9,6 % dans le commerce de gros, 6,4 % dans le commerce de détail et 1,1 % dans la production artisanale. Par contre, 21,1 % des personnes morales opèrent dans le juteux créneau de l’import-export. Quant à la répartition géographique de ces nouvelles inscriptions au CNRC, elles sont implantées en majorité dans la wilaya d’Alger (17 %), suivie de celle de Tizi Ouzou (4,4 %) et Sétif (4 %), alors que la région centre du pays a enregistré 41,06 % des inscriptions, 29,65 % pour l’Est, 19,56 % pour l’ouest du pays et 9,73% pour le Sud.

Les chiffres du CNRC montrent en fait que la hausse des activités commerciales, en dehors du commerce de détail, drainent d’importants investissements dans la création de petites entreprises de distribution de produits agroalimentaires. Les petites entreprises familiales de production de produits laitiers et dérivés, de jus et conserves, de limonaderies, se sont développées grâce notamment au dynamique réseau de distribution qui quadrille les régions centre, Est et Ouest. Le dynamisme des PME à caractère familial, les EURL (entreprises uninominales à responsabilité limitée) a fait exploser les chiffres du CNRC qui donne ainsi un bilan plus ou moins fiable du dynamisme du secteur tertiaire en Algérie, adossé, il est vrai, à l’exploitation d’une part importante de recettes d’hydrocarbures sous formes de crédits documentaires pour l’import-export. C’est, en fait, un des éléments importants qui a fait que des personnes morales et physiques de nationalité étrangère s’installent sur le marché algérien avec toutes les garanties de bonnes affaires.