Investissements français en Algérie

INVESTISSEMENTS FRANÇAIS EN ALGÉRIE

Le coup de gueule de Zaïm Bensaci

Le Soir d’Algérie, 17 juin 2008

Le président du Conseil national consultatif des PME n’est pas du tout content du niveau des investissements français en Algérie et ne se gêne pas de le faire savoir.
Nawal Imès – Alger (Le Soir) – Zaïm Bensaci n’a pas mâché ses mots hier lors du débat organisé au Forum d’ El Moudjahid, dénonçant le faible degré d’engagement des Français en Algérie à qui il reproche de se contenter de faire des affaires sans pour autant investir. En présence d’un représentant de l’association France-Algérie, il n’a pas hésité à dire «non seulement les Français se contentent de faire des affaires mais en plus ils crachent sur le gâteau et lorsqu’ils doivent investir, ils vont dans les pays voisins. L’Algérie n’est pas une vache laitière». Pour le président du CNC, il est temps que l’Algérie s’ouvre à d’autres pays et ne passe pas son temps à «supplier» les Français, expliquant que beaucoup d’investisseurs de pays autres que la France sont prêts à venir sans pour autant passer leur temps à critiquer le cadre législatif. «Je n’ai rien contre les entreprises françaises mais il ne faut pas focaliser dessus. Si certains préfèrent fermer les yeux sur les conditions qu’offre l’Algérie, c’est purement politique», dit-il. De retour du colloque «Planète PME Méditerranée», le président du CNC n’a fait que confirmer la tendance des investisseurs français à préférer les pays voisins de l’Algérie. «Plusieurs intervenants français ont longuement insisté sur l’exemple marocain. Le projet Renault au Maroc a été à cet, égard, plusieurs fois cité. On avait même l’impression que le Maroc était montré en modèle, même si quasiment tous les intervenants ont mentionné, par ailleurs, l’importance du marché algérien», dit-il. Une vision qu’il ne partage pas du tout, expliquant que l’Algérie offrait des avantages même si beaucoup reste à faire dans ce domaine. Zaïm Bensaci voudrait que les instances diplomatiques s’impliquent d’avantage pour expliquer le cadre législatif et encourager les investissements directs étrangers et pousser les PME à conclure des partenariats. Un souhait que partagent des responsables de PME présents au colloque qui s’était déroulé en France. A cette occasion, l’institut de sondage Ipsos et le cabinet KPMG ont effectué un sondage dont les résultats démontrent que 83% des responsables de PME souhaitent la création d’une banque d’investissement «qui a fait couler beaucoup d’encre» et qui tarde à voir le jour. Abordant la question de l’intégration de la PME dans le cadre du projet d’Union pour la Méditerranée, le président du CNC a expliqué que les attentes sont énormes, pour peu que la coopération ne prenne pas la même trajectoire prise par le processus de Barcelone qui a montré ses limites.
N. I.